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Le maquis minier

IV.1. Contexte et problématique

Le maquis minier désigne toutes les formations végétales sur roches ultramafiques (péridotites et serpentinites) qui n’appartiennent pas aux forêts denses.

La superficie occupée par le maquis minier est estimée à 4 500 km², soit près de 25 % du Territoire.

On le rencontre dans les situations les plus variées, du bord de mer aux plus hauts sommets tant sur la côte Ouest que sur la côte Est, ainsi que dans plusieurs îles.

La flore du maquis minier compte 1 140 espèces de végétaux vasculaires (ou plantes supérieures), dont 1 020 sont endémiques. C’est le milieu qui présente le degré d’endémicité le plus élevé (90 %) et ne rassemble pas moins d’un tiers des espèces du Territoire. A cet égard, mais aussi par sa présence originale, voire unique au monde dans le paysage, il peut être considéré comme l’une des pièces maîtresses incontournable de la richesse et de l’originalité de la flore néo-calédonienne.

Les maquis et forêts sur terrain minier figurent parmi les types de végétation les plus précieux mais aussi les plus menacés actuellement. Ce substrat contient des minerais (nickel, cobalt…) qui connaissent une exploitation de plus en plus soutenue.

L’exploitation de ces minerais se fait à ciel ouvert et implique une « mise à blanc « à large échelle ou, ce qui revient au même, l’enfouissement de forêts primaires de thalwegs par les « stériles ».

Avec la demande boulimique de l’Asie (Chine et Inde en particulier), le cours de ces métaux a considérablement augmenté, ce qui induit un élan sans précédent de l’activité minière avec le doublement prévu de la production d’ERAMET-SLN et la mise sur pied des usines du sud et du nord.

Le maquis minier figure parmi les milieux les plus vulnérables aux feux. Le feuillage des plantes qui le composent, scléreux, pauvre en eau, parfois riche en essences (Araliacées, Conifères, etc.) est très inflammable.

En matière de conservation, il existe peu d’aires protégées. La grande variété de ces milieux est donc loin d’être prises en compte en termes de protection.

IV.2.                      Propositions

En plus des mesures générales proposées dans l’introduction à la gestion et à la protection de la biodiversité, nous proposons :

IV.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

* Mise en place d’un programme « Maquis minier », à l’image de celui de la « Forêt Sèche ».

* Création d’un réseau de réserves botaniques et zoologiques incluant les maquis les plus originaux, les plus rares et les plus menacés.

* Classement de la Plaine des Lacs en site Ramsar.

* Classement de Goro Nord en réserve naturelle.

IV.2.b.    AUTRES MESURES

* Obliger les exploitants miniers à nettoyer et restaurer les sites miniers dans leur structure leurs fonctions (paysagère, anti-érosive et régulatrice des débits hydriques) et leurs qualités (biodiversité).

* Remodeler le relief des sites miniers pour rétablir le réseau hydrique et les revégétaliser à l’aide d’espèces locales adaptées, permettant d’initier une trajectoire évolutive (succession secondaire) vers une restauration naturelle progressive. Cette évolution naturelle ne sera néanmoins possible que si l’on a pris soin de sauvegarder, dans un périmètre voisin, des îlots de végétation représentatifs des principaux stades d’évolution.

La restauration écologique ne remplace pas la nécessité de conservation.

* Obliger l’exploitant à utiliser les terres arables (top soil) dans les meilleures conditions.

* Limiter la zone géographique d’exploitation des latérites aux zones de moindre intérêt écologique reconnu par les instances scientifiques.

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