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Le milieu marin

VIII.1.         Contexte et problématique

La Nouvelle-Calédonie est considérée comme l’un des hauts lieux de la biodiversité marine (estimée à plus de 20 000 espèces pour une endémicité de 5 %). Sa barrière de corail est la deuxième plus grande au monde avec une longueur de 1 600 Km. Elle entoure un lagon de 23 000 km², le plus vaste du monde.

Les menaces qui pèsent sur cette biodiversité sont :

* l’hypersédimentation due à la destruction du couvert végétal entraînant la mort des coraux et des organismes filtreurs ;

* le réchauffement climatique, l’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes, la montée des eaux, l’acidification des océans, la disparition des coraux (puits à CO2), conséquences de l’utilisation des combustibles fossiles ;

* la perte d’habitats due à l’aménagement incontrôlé du littoral et des îlots ;

* les prélèvements excessifs des ressources, responsables de la disparition et de la baisse des stocks de certaines espèces (loches, tortues, dugong, bénitiers, coquillages …) ;

* les pollutions diverses : antifouling, pesticides, engrais chimiques, rejets urbains non traités, rejets miniers…

* les risques d’introduction d’espèces envahissantes dans le cadre du trafic maritime.

En ce qui concerne plus particulièrement le secteur minier, ces menaces sont :

* L’hypersédimentation due au déversement des mines orphelines.

* Le port du projet Koniambo va nécessiter le déplacement de 2 millions de m3 de sédiments, ce qui va détruire la flore et la faune sur plusieurs km2.

* Le projet Goro :

* . études sur la courantologie et la bathymétrie autour de la zone de rejet insuffisantes ;

* . les 1500 m3/h d’effluents à 40°C issus du processus de lixiviation par acide sulfurique rejetés en mer, contiendront du manganèse, du chrome hexavalent, des solvants, et 25 autres composés chimiques dont l’effet sur l’environnement et la santé reste à évaluer ;

* . la dévégétalisation du secteur accentue l’érosion et donc l’hypersédimentation en mer. Cette pollution est irréversible.

Rappelons que la Nouvelle-Calédonie s’achemine vers le classement en série de son récif au Patrimoine Mondial.

VIII.2.         Propositions

En plus des mesures générales proposées dans l’introduction à la gestion et à la protection de la biodiversité, nous proposons :

VIII.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

VIII.2.a.1.   Appliquer les textes existants :

La Charte de l’Environnement et les textes propres à la Nouvelle-Calédonie doivent être appliqués avec intransigeance tant au niveau de l’industriel que du particulier.

Pour ce faire :

* informer le public des lois existantes et des risques encourus, y compris sur le terrain (signalétique)

* augmenter et rendre plus efficaces les moyens de contrôle (verbalisation, assermentation, bateaux, personnel) sur le terrain (lagon, récif, réserves, ZEE, mangroves, mais aussi lieux de ventes formels et informels). Ces mesures doivent être étendues aux industries par des moyens de contrôle appropriés.

VIII.2.a.2.    Créer et faire appliquer :

Avec intransigeance, tant au niveau de l’industriel que du particulier, de nouveaux textes en s’inspirant des normes existantes les plus contraignantes en matière de : pesticides, insecticides, acaricides, métaux lourds, décharges, déchets et rejets industriels, miniers et ménagers, stations d’épuration, valorisation et recyclage des déchets, rejets atmosphériques, remblais, aménagement du littoral, mangroves, mines, pêches, et exploitation des ressources marines et ce, sur l’ensemble du périmètre de la Zone Economique Exclusive.

Rendre les textes plus répressifs et les sanctions dissuasives. Généraliser les sanctions sous la forme de travaux d’intérêt généraux au service de l’environnement pour les personnes non solvables.

VIII.2.a.3.   Lutter contre l’acidification des océans et ses conséquences :

Mettre en place rapidement une politique incitatrice à l’utilisation à grande échelle des énergies renouvelables. Le photovoltaïque et les autres énergies renouvelables en Nouvelle-Calédonie doivent faire l’objet d’un plan, à l’image du PRERURE mis en place sur l’Île de La Réunion.

VIII.2.a.4.   Lutter contre la destruction du couvert végétal :

* Revégétaliser systématiquement, rapidement et de façon obligatoire les mines orphelines.

* Stopper la destruction du couvert végétal.

VIII.2.a.5.   Plage de la Roche Percée :

Protéger le site dès la saison prochaine afin que les tortues puissent assurer leur reproduction sans perturbation d’origine humaine (piétinement, chiens errants…).

VIII.2.a.6.   Classement au patrimoine mondial : il doit intégrer la réserve Merlet et les monts sous marins.

VIII.2.b.    AUTRES MESURES

Définir et faire appliquer un plan de gestion de l’espace marin :

Définir et faire appliquer rapidement un schéma d’usage et de gestion de l’espace marin calédonien :

* sites de tourisme de masse (îlot Maître et Amédée par exemple);

* sites à ouvertures et fermetures saisonnières (en fonction de la biologie des organismes : pontes, nidifications, reproduction en général)

* sites éco touristiques à encadrement comprenant une capacité de charge (exemple des sentiers de Signal)

* sites interdits au public.

Créer des réseaux d’aires marines protégées en conséquence.

Compléter les inventaires de la biodiversité marine actuelle, des pressions et des menaces qu’elle subit. Cette analyse éco régionale est en cours (animée par le WWF). Il faut cependant veiller à ne pas attendre la fin de cette étude pour engager les mesures ci-dessus proposées.

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