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La santé et l’alimentation

Contexte et problématique

Les atouts remarquables dont dispose la Nouvelle-Calédonie, en terme de qualité de vie devraient induire une bonne santé des populations. Cette image idyllique peut se trouver renforcée par une information relativement parcimonieuse sur les pathologies sévissant ici.

Nous différencions ici les pathologies liées à l’environnement de celles liées aux comportements ou à l’hygiène que nous n’aborderons pas ici, d’autant que la frontière entre les groupes est floue. Par exemple, l’alimentation et l’environnement sont parfois intimement liés (texte de l’Appel de Paris sur le site http://appel.artac.info).

Parmi les maladies liées à l’environnement nous citerons : les cancers de la thyroïde pour lesquels la Nouvelle-Calédonie détient le triste record mondial, l’asthme et les allergies dont les taux sont élevés à Nouméa (cf. Bulletin Médical Calédonien et Polynésien N°18 de novembre-décembre 2000 et N°44 de mars 2006 disponibles sur http://www.bmc.nc), les maladies liées à la présence d’amiante dans l’environnement (mésothéliomes pleuraux).

En Nouvelle-Calédonie, les cancers ont augmenté de +33 % pour les femmes et +44 % pour les hommes, en termes d’incidence standardisée en 10 ans (source: Rapport Annuel 2005 de l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie, et Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°34/2005 de l’Institut National de Veille Sanitaire).

Sont préjudiciables à la santé des Calédoniens :

* l’absence de normes concernant les rejets atmosphériques et autres rejets ;

* l’absence de réglementation sur l’utilisation des agents phytosanitaires et de produits labellisés « bio « ;

* l’absence de réglementation sur la composition de certains produits en vente libre ;

* l’absence d’informations du grand public sur les causes environnementales des pathologies.

Les résidus toxiques trouvé dans les prélèvements sanguins, effectués dans le cadre du projet REACH (Registration, Evaluation, and autorisation of Chemicals) et de la campagne Detox menée par le WWF en Europe, proviennent des substances chimiques présentes dans les aliments et les produits que nous côtoyons et utilisons dans la vie de tous les jours : film plastiques, peintures, poêles antiadhésives, parfums, cartons de pizzas, même certaines tétines de biberons, etc…

Des études scientifiques ont prouvés le lien entre la présence de certaines substances chimiques dans le sang et l’apparition de multiples maladies : cancers, troubles neurologiques, perturbation de la reproduction… (cf. http://www.reachlegislation.com et http://www.wwf.fr)

Pour la société, le coût de la prévention est beaucoup plus faible que le coût de l’action curative. A titre d’exemple les cancers « coûtent « 96 milliards/an à la Nouvelle-Calédonie.

Rappelons enfin que la Loi Constitutionnelle relative à la Charte de l’Environnement proclame : « Art. 1er. – Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.»

X.2.         Propositions

X.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

1. Application des normes européennes en matière d’environnement, d’alimentation et d’énergie : utilisation de fuels moins polluants, développement massif des énergies renouvelables, création de labels éco-bio calédoniens sous contrôle d’organismes de certification indépendants.

2. Promotion des produits sains : les produits respectueux de l’environnement (entretien) et bio doivent être disponibles partout, mis en valeur par la publicité, accessibles à tous et introduits dans les collectivités.

X.2.b.    AUTRES MESURES

Création d’un organisme de veille sanitaire regroupant des professionnels de la santé, des institutionnels, des représentants de la société civile, prenant en compte la santé dans sa globalité, notamment sous l’angle des relations des personnes avec leur environnement social et naturel. Ses objectifs seraient :

– tenir à jour un registre des cancers et en communiquer régulièrement des synthèses au public ;

– faire un état de la situation de la santé à partir du registre des cancers, des mesures de pollution de l’air et de l’eau, du taux de naissances prématurées ;

– à partir de ce « tableau de bord « définir un plan d’action en misant sur la prévention, en diffusant largement une information adaptée à chaque public, en suivant les actions engagées et en évaluant leur efficacité.

Rechercher les causes du taux anormalement élevé de cancers de la thyroïde (en ne négligeant aucune piste : nucléaire, pesticides…).

Développer la coopération avec les instances régionales et internationales (CPS…) et obtenir des crédits pour la recherche.

Faire adhérer la Nouvelle-Calédonie à la Charte des Soins de Santé Primaire (déclaration d’Alma Ata)

Développer la collaboration entre médecine traditionnelle et médecine occidentale.

Créer une commission indépendante chargée de collecter des informations sur les plantes endémiques médicinales et leurs propriétés. Mettre en place des brevets protégeant ces plantes et les savoirs traditionnels qui y sont associés.

Encourager un mode de vie moins sédentaire : utilisation du vélo en ville avec un réseau de pistes cyclables fonctionnel y contribue par exemple.

Informer le consommateur des risques sanitaires: proscrire la publicité sur les aliments et autres produits dommageables pour la santé. Etiqueter ces produits en indiquant les risques sanitaires encourus comme on le fait pour le tabac.

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