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L’énergie

siteeplp032.jpgXIII.1.         Contexte et problématique

Réchauffement climatique.

L’approvisionnement, la production et la gestion de l’énergie sont au cœur du problème mondial de diffusion des gaz à effet de serre et de ses conséquences. Les prévisions évaluent la progression du réchauffement global, entre 1990 et 2100, entre 1, 4°C à 5, 8°C et l’élévation du niveau de la mer est évaluée de 1990 à 2100, entre 9 cm et 88 cm.

La Nouvelle-Calédonie n’échappe pas à ce phénomène : la température moyenne a augmenté de 1°C en 45 ans (sources météo France).

Une consommation d’énergies fossiles en constante augmentation.

En 2005, la consommation totale d’énergie en Nouvelle-Calédonie s’est élevée à 872 000 Tep (Tonne équivalent pétrole).

Cette consommation s’accroît annuellement de 3, 5 %. L’essentiel de l’énergie est consommée par l’industrie du nickel, la consommation électrique publique ne représente que 30 % de la consommation électrique totale (source Ademe). La production issue du barrage de Yaté est presque exclusivement réservée à la SLN, à un tarif préférentiel d’environ 1 f.CFP le kWh, contre 31 f.CFP pour le public.

Une dépendance énergétique de 97 %.

Seulement 3 % de l’énergie consommée sont renouvelables et produits localement. L’énergie importée est d’origine fossile, pétrolière en majorité.

L’indépendance énergétique est donc dérisoire, ce qui rend notre économie très vulnérable.

Malgré ces constats alarmants, les collectivités de Nouvelle-Calédonie ne s’engagent pas vers les énergies renouvelables, le photovoltaïque raccordé au réseau ne fait l’objet d’aucun plan d’envergure.

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Consommation énergétique de la Nouvelle-Calédonie.

Une taxation insuffisante des énergies polluantes.

Contrairement aux autres produits, le charbon et le fuel lourd, qui sont les combustibles les plus polluants ne sont pas taxés (cf. tableau 4).

Nous constatons donc que la logique industrielle prime sur l’intérêt général des populations à long terme et la prise en compte de critères de santé et d’environnement.

Il devient donc urgent de répondre dans les faits aux questions suivantes :

* comment réduire la dépendance énergétique du Pays, diversifier les sources d’énergie, mieux utiliser le potentiel énergétique disponible localement, diminuer les rejets de gaz à effet de serre ainsi que les risques de marée noire ?

* comment donner une image propre et moderne de notre pays et créer des emplois ?

XIII.2.         Propositions

De façon générale, nous considérons que le développement des énergies renouvelables doit être un objectif prioritaire pour le Pays.

XIII.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

Adopter des mesures qui permettent la mise en place et le développement du photovoltaïque raccordé au réseau : Fixer un prix de rachat incitatif du kWh solaire et des mesures d’aide à l’investissement (70 % du coût d’une installation photovoltaïque) au particulier qui souhaite s’équiper d’une installation photovoltaïque raccordée au réseau.

Réaliser une étude sur les conséquences en Nouvelle-Calédonie du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau des océans qui en résultera.

XIII.2.b.    AUTRES MESURES

Élaborer en concertation avec les administrations compétentes, l’Ademe, les opérateurs industriels, les associations environnementales et de consommateurs, un schéma directeur de l’énergie, ou PERURE (Plan énergétique pluriannuel de prospection et d’exploitation des Énergies Renouvelables et d’Utilisation Rationnelle de l’Energie) avec les objectifs planifiés et quantifiés suivants :

* Développer les énergies renouvelables. Il s’agira notamment d’intégrer des installations photovoltaïques raccordées au réseau dans les bâtiments administratifs (mairies, écoles, salles polyvalentes, éclairage public), les logements sociaux, et d’adopter des mesures d’envergure (aides à l’investissement et prix de rachat) destinées à autoriser et à inciter fortement les particuliers à s’équiper en petit éolien, micro centrales hydrauliques et photovoltaïques raccordés au réseau.

* Promouvoir une véritable politique de maîtrise de la consommation d’électricité. Il s’agira d’encourager l’utilisation d’appareils moins consommateurs (les appareils électriques doivent faire systématiquement l’objet d’un étiquetage destiné à informer le public sur la consommation de l’appareil et les vendeurs doivent être formés pour expliquer aux clients la signification de ces étiquettes (européennes, australiennes, …)), d’inciter les ménages à s’équiper en chauffe-eau solaires, d’améliorer la gestion de nos équipements et d’agir sur le comportement des usagers.

* Engager la Nouvelle-Calédonie dans l’effort mondial de réduction des gaz à effet de serre en la rattachant au protocole de Kyoto au plus tôt. Chiffrer le coût pour le Pays « du droit de polluer » en application des dispositions du Protocole de Kyoto et le rendre public et le faire supporter par les pollueurs.

* Sous réserve d’un bilan écologique favorable, diversifier les sources d’énergie par le développement des biocarburants (coprah uniquement, 1 tonne de coprah donne 650 litres de carburant comme c’est le cas au Vanuatu), du biogaz, de l’énergie des vagues et de la géothermie.

* Faire une étude comparative de coût de différentes sources d’énergie, intégrant les coûts « externes » (installation et entretien des outils de production énergétique, impacts environnementaux et sanitaires).

* Créer un fonds de promotion des énergies renouvelables alimenté par la taxation du fuel lourd et du charbon ainsi que par revalorisation du prix de vente du kWh hydraulique qui doit être acheté au minimum au prix du kWh thermique.

* Exiger un contrôle indépendant des rejets atmosphériques des installations existantes et en publier les résultats dans les journaux de façon claire et compréhensible par tous.

XIII.3.         Position d’Ensemble Pour La Planète vis-à-vis de la centrale de Prony Energie

Nous demandons, préalablement à sa mise en exploitation, que les conditions suivantes soient respectées:

* La centrale thermique de Prony Energie doit respecter l’ensemble des normes environnementales européennes les plus récentes applicables à un tel projet;

* La mise en place rapide d’un plan de substitution des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, avec comme objectif le respect par la Nouvelle-Calédonie du protocole de Kyoto;

* La mise en place d’un contrôle phytosanitaire rigoureux sur les produits importés et bateaux transitant pour la construction et le fonctionnement de cette centrale, selon les méthodes les plus drastiques en la matière, afin d’assurer la biosécurité aux frontières, conformément à l’engagement de la Nouvelle-Calédonie en la matière.

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