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L’habitat

XV.1.         Contexte et problématique

Aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, ce sont les habitats les plus anciens, cases et vieilles maisons coloniales, qui correspondent à plus d’un titre à ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui, un « habitat écologique ».

Suite à un afflux massif de population à Nouméa en un espace de temps assez restreint, l’organisation spatiale de la population a été profondément bouleversée : développement de squats et de quartiers résidentiels en périphérie de la capitale, prolifération de lotissements sociaux et d’habitats précaires ou de piètre qualité.

Ce développement de l’habitat s’est essentiellement basé sur des standards de construction en terme d’architecture et d’utilisation de matériaux industriels, standards non adaptés au contexte climatique local. Ces matériaux, génèrent par ailleurs des quantités considérables de déchets, pour la plupart difficilement recyclables.

La réflexion sur la question d’un habitat écologique et sain n’est pas encore engagée, alors qu’une mise en application de principes simples et/ou qui ont déjà fait leurs preuves pourrait être facile et efficace pour assainir l’habitat calédonien et diminuer son appétit énergétique.

Enfin, les systèmes de raccordement aux réseaux collectifs (routes, eau, électricité, collecte des déchets, assainissement) sont pour la plupart confiés par les pouvoirs publics à des multinationales en situation de monopole, ce qui ne favorise pas la prise en compte des attentes des citoyens.

XV.2.         Propositions

XV.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

* Promouvoir la production de compost à domicile.

* Tout nouveau projet (futur hôpital et aménagement de Dumbéa notamment) doit systématiquement faire l’objet d’une variante visant au respect des normes HQE (Hautes Qualités Environnementales).

XV.2.b.    AUTRES MESURES

Pour que notre habitat devienne le lieu où chacun de nous est l’acteur indispensable de l’économie et de l’écologie, nous proposons :

Les promoteurs de logements sociaux, concepteurs de logements et professionnels du bâtiment doivent prendre en compte le contexte océanien, les besoins, habitudes et modes de vie des populations locales, et prévoir des jardins, et des espaces susceptibles de recevoir des cultures vivrières traditionnelles.

L’utilisation optimale des énergies renouvelables naturelles dont nous disposons (solaire, éolienne, géothermique, etc.) pour l’habitat en exigeant autant que possible des architectes et des maîtres d’œuvre :

* l’orientation des constructions en fonction des vents et de l’ensoleillement couplée à une utilisation de matériaux à fort pouvoir isolant (principalement de la chaleur), pour permettre d’optimiser l’aération et l’éclairage naturel de l’habitat en faisant ainsi l’économie d’une climatisation systématique en saison chaude et le recours à un éclairage électrique abusif ;

* dans les programmes de logements sociaux et les lotissements, l’inscription dans le cahier des charges pour chaque logement d’un chauffe-eau solaire et d’une installation photovoltaïque raccordée au réseau.

Les produits de traitement du bois utilisés par les entreprises et les particuliers et commercialisés sur le Territoire doivent faire l’objet d’un contrôle strict. Les consommateurs doivent être informés des risques que ces produits peuvent présenter pour leur santé et pour l’environnement et les produits très dangereux, pouvant être substitués par des produits plus écologiques, doivent être retirés de la vente.

Exiger le label FSC sur les bois importés pour la construction ou l’ameublement, certifiant qu’ils proviennent de forêts gérées de façon durable en permettant de vérifier leur traçabilité et leur provenance.

L’économie de l’eau dans l’habitat doit être encouragée par :

* des mesures incitatives pour la récupération de l’eau de pluie permettant aux particuliers de s’équiper de dispositifs de récupération de l’eau pour leur usage domestique (lavage, arrosage, toilettes),

* la séparation des réseaux publics d’eaux pluviales et d’assainissement,

* la réinjection de l’eau traitée en station d’épuration vers un réseau d’arrosage et de toilettes publics,

* le traitement des eaux grises par lagunage individuel ou semi collectif,

* la promotion des toilettes à litière bio maîtrisée,

* l’équipement des collectivités en systèmes d’économie d’eau (arrosage public, toilettes double chasse, douches).

Dans chaque foyer, les déchets doivent faire l’objet d’un tri. La redevance doit être calculée sur la base de la quantité de déchets produits. Des campagnes doivent être menées pour inciter les particuliers à composter leurs déchets organiques.

La mise en place d’un site expérimental « HQE « pour permettre aux citoyens, en Nouvelle-Calédonie, de faire des choix éclairés en matière d’habitat :

* en les informant sur l’impact des matériaux de construction et des équipements domestiques, sur leur santé et sur l’environnement,

* en les informant sur l’existence de choix alternatifs, plus respectueux de la santé et de l’environnement (production électrique à l’aide d’installations photovoltaïques raccordées au réseau, l’usage de toilettes à litière bio maîtrisée, le traitement des eaux grises par lagunage, la récupération d’eau de pluie, …)

* et en leur permettant d’y accéder (par entre autres un soutien conventionné des particuliers par les collectivités).

Les appareils électriques doivent faire systématiquement l’objet d’un étiquetage destiné à informer le public sur la consommation de l’appareil et les vendeurs doivent être formés pour expliquer aux clients la signification de ces étiquettes (européennes, australiennes, …)

Promouvoir l’écobilan à la construction, c’est-à-dire la prise en compte de la totalité des impacts d’un bâtiment sur l’environnement et la santé humaine tout au long de sa « vie », depuis l’extraction des matières premières utilisées pour la fabrication des matériaux jusqu’au devenir de ces derniers lorsque le bâtiment est démoli, en passant par son fonctionnement et son entretien.

Développer les jardins « ouvriers « du type de ceux mis en place à Normandie. Mettre à disposition des habitants, des espaces nature autour des logements sociaux et collectifs, veiller à ne plus bétonner la ville, conserver les espaces verts.

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