Les articles...

Les déchets

XVI.1.         Contexte et problématique

A part quelques rares expériences limitées de tri, l’enfouissement des déchets est largement pratiqué en Nouvelle-Calédonie.

Cette pratique n’est pas sans risque tant pour les milieux naturels que pour la santé humaine, alors même que les déchets augmentent en quantité (un nouméen produit 600 Kg par an de déchets) et en toxicité.

En destinant les biens manufacturés usagés à l’ensevelissement, on se prive, et de façon définitive, de matières premières qui auraient pu être utilisées à la confection de nouveaux objets. Cette pratique est la manifestation la plus flagrante d’un gaspillage auquel se livrent nos sociétés modernes.

Elle contribue à la destruction d’espaces naturels, à la dégradation de notre environnement sanitaire et à l’exploitation excessive de ressources naturelles à partir desquelles sont confectionnés ces produits.

Elle n’incite pas à un comportement responsable et citoyen de nos contemporains.

XVI.2.         Propositions

S’engager, à l’instar de nos voisins (Nouvelle-Zélande, Australie) dans une politique du ZERO DECHET en faisant des déchets une RESSOURCE.

Le « Zéro déchet « peut se décliner en 4 axes :

  • optimiser le recyclage,
  • réduire la part de déchets résiduels,
  • réduire la consommation,
  • faire en sorte que les produits soient fabriqués pour être durables, réutilisés, réparés ou compostés.

Objectif : réduire et éventuellement éliminer la production de déchets.

Le coût supposé d’une politique du « Zéro déchet » doit être comparé aux sommes engendrées par les répercussions d’une gestion défaillante des déchets sur la santé, les ressources naturelles…

XVI.3.         MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

Valoriser les déchets verts en compost, pouvant être utilisé notamment pour la revégétalisation des sites miniers dégradés.

Promouvoir le dépôt volontaire des déchets :

conteneurs nombreux et faciles d’accès (grandes surfaces, gares de bus, stations services, tribus …), gratuits et pratiques pour y déposer : piles, plastiques, papiers, verres, huiles de vidange ;

déchèteries: batteries, huiles, peintures, métaux, ordinateurs et matériel électronique

En prévision de la mise en place de filières de recyclage, stocker les déchets en fonction de leur nature au lieu de les enfouir sans discernement.

Promouvoir la commercialisation du papier recyclé et l’utilisation systématique du papier recyclé dans les administrations et les collectivités. Editer les documents administratifs (annuaires, JO …) en papier recyclé.

Promouvoir la communication par voie numérique.

XVI.3.a.    AUTRES MESURES

Instaurer le Tri Sélectif à la source par l’usage de plusieurs poubelles (verre, métaux, plastiques, papiers, matières organiques), éduquer le public dans ce sens.

Collecte des ordures ménagères : mettre en place un paiement au poids collecté et non pas au volume du bac.

Inciter et favoriser la fabrication du compost à domicile : informer, distribuer des bacs à compost comme sur l’île de La Réunion, mettre en place des composteurs collectifs pour les immeubles.

Favoriser, par le soutien financier et technique des collectivités aux porteurs de projet, la création de filières de recyclage de déchets et une réglementation adaptée à ces filières.

Instaurer des sanctions dissuasives des gestes inciviques (décharges sauvages, combustion de déchets toxiques …) à l’égard des entreprises et des particuliers. Promouvoir les comportements civiques par l’éducation dès l’école en faisant des lieux exemplaires pour la gestion des déchets et l’utilisation des ressources (énergie, eau).

Instaurer une taxe sur chaque produit qui rentre en Nouvelle-Calédonie, taxe calculée en fonction du coût de traitement du déchet en résultant.

Favoriser la conception et la commercialisation de produits non emballés ou, s’ils le sont, utiliser des emballages recyclés et recyclables (les emballages représentent 50 % de notre poubelle en volume et 30 % de son poids).

Collecter le papier et l’exporter vers la Nouvelle-Zélande pour recyclage. Conclure des accords régionaux en la matière.

Recourir à des sacs réutilisables en matière naturelle (filet à provisions, panier…). Les sacs jetables doivent devenir l’exception et être confectionnés en matière biodégradable. Les sacs « dégradables » doivent être bannis.

Réhabiliter le principe de la consigne (ex : bouteille de verre, canettes…)

Valoriser le biogaz au niveau du centre d’enfouissement en attendant le Zéro Déchet.

Instaurer des mesures fiscales qui incitent à faire réparer les produits manufacturés et permettent le développement des métiers de réparation et de recyclage.

0
  Articles connexes
  • No related posts found.