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Ici et ailleurs…

Le samedi 3 avril 2010, un navire chinois s’échouait sur la grande barrière de corail australienne au large du Queensland. Le mercredi suivant, la police australienne indiquait avoir arrêté et inculpé le capitaine et un officier du cargo pour avoir infligé des dommages à la biodiversité. Le premier ministre australien a assuré « vouloir retourner pierre par pierre pour comprendre comment cela a pu se produire ». Sydney va engager des poursuites afin d’obtenir des dédommagements. Ça, c’est ailleurs…
Ici, le 1er avril 2009, Vale Inco était responsable d’un accident écologique grave dans le grand sud. Des milliers de litres d’acide sulfurique se répandaient dans le creek de la baie nord, tuant la totalité de la faune du cours d’eau. Des essais étaient en cours (du « commissionning » dit l’industriel) alors que les bassins de rétention n’étaient pas susceptibles de remplir leur office. Business is business and time is money…
De nombreuses espèces dont des espèces endémiques ont payé un lourd tribut à la pollution flash liée à ce rejet.
Un an après, les responsables du site industriel sont toujours en poste, indemnes de toute sanction, administrative ou judicaire. Pas de nouvelles de la plainte déposée par la Province sud…
Et pourtant, l’expertise Lloyds suite à ce sinistre est on ne peut plus claire : 65 recommandations pour 12 milliards de francs… Peut-on, à ce niveau, parler de corrections marginales, de « mesurettes » ? Si avec ça, on ne conclut pas à de la négligence, on ne le fera jamais.
Nous sommes en droit de nous interroger : des sanctions à la hauteur des destructions et des négligences commises n’auraient-elles pas permis d’éviter les accidents de mars et avril 2010 (voire d’autres à venir malheureusement) ? Sans doute que oui…
Ce qui attire les industriels ici, c’est, bien sûr, la richesse du sous-sol mais aussi l’assurance d’une quasi impunité en cas de « problème ». La Nouvelle-Calédonie ne protège pas l’environnement, quoi qu’elle en dise. Elle gesticule et vocifère mais n’impressionne personne. Et il en sera ainsi tant que le courage lui manquera pour passer aux actes.
Les enjeux de la préservation de l’environnement dans le grand sud (et plus généralement en Nouvelle-Calédonie),  sont du même ordre que ceux liés à la préservation de la grande barrière australienne. « Si l’Australie l’a fait, nous pouvons le faire » !
Et si nous ajoutons qu’ici, des hommes et des femmes exposent leur vie, alors oui vraiment, nous avons l’ardente obligation de le faire, au mieux et au plus tôt…
                                                                                                                 Pour EPLP,  Martine Cornaille
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Commentaires

  1. Gilles-Antoine  juillet 1, 2010

    Martine, pour les prochaines élections n'hésitez pas à prendre la place qui vous revient, je voterai et ferai campagne pour vous, c'est promis. Mais rassurez moi vous qui suivez de prés tous ces dossiers relatifs à la préservation de notre environnement et qui nécessairement vous retrouvez à échanger avec les représentants politiques de nos institutions, n'y a t-l vraiment personne actuellement à la province Sud ou au Gouvernement pour Entendre ces réalités et prendre conscience de la responsabilité de l'institution dans la garantie de la sécurité et du bien être des populations ???? Que font donc ces "responsables" ? Au delà de tout symbole identitaire, ont-ils oublié que nous vivions sur une île et que pour beaucoup d'Océaniens la mer est  aussi notre "Mère" nourricière ?…

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  2. BERODE Jean Pierre  juillet 1, 2010

    Bonjour 
    Il est vrai que je suis un peu loin de la Calédonie et que "Loin des yeux, loin du coeur"  l'on dit ! Mais je voudrais dire que je suis, avec intérêt ce que EPLP propose et réussit à faire passer. Même si ma position est peu "active",  je veux pouvoir prendre le temps de vous dire ici, aujourd'hui que c'est la bonne route qui est choisie par l'équipe d' EPLP, car enfin ces choix de défense de l'environnement et de l'homme dans cet environnement me semblent les bons choix à faire.
    Il n'y a qu' à voir les dégâts de la pollution ici en Inde (Tamil Nadu) ; Pondicherry (qui prend le nom de Puducherry depuis 2 ans!) Partout les plages, les villes, les trottoirs et les pauvres rivières sont à l'agonie. Triste spectacle que nous ne verrons j'espère jamais en NCalédonie (il y a ici en Inde 1, 2 milliard de pollueurs potentiels !) 
    Alors Bravo Martine et toute l'équipe d' EPLP et longue et douce Vie à EPLP 
    JPierre 

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    • cornaille  juillet 11, 2010

      Bonjour Jean-Pierre,
      Nous avons besoin d'un chef d'oeuvre pour notre prochaine manif ! On vous attend !
      Merci de vos encouragements!
      Bien cordialement,
      Martine Cornaille

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