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L’économie

siteeplp027.jpgVXII.1.         Contexte et problématique

Les moteurs de l’économie calédonienne restent artificiels : transferts massifs de l’État aux ménages, cours de l’immobilier et du nickel à leur plus haut niveau historique. La conjonction de ces facteurs a déclenché à Nouméa une vague migratoire sans précédent depuis le boom du nickel qui alimente à son tour le développement immobilier et la consommation.

Ce modèle de croissance a un coût environnemental important et volontairement ignoré.

Ainsi, l’industrie du nickel génère-t-elle la destruction de vastes espaces naturels et la diffusion dans l’atmosphère d’énormes quantités de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre mais aussi du soufre, des poussières…qui ne sont pas sans affecter à la fois l’environnement et la santé humaine.

Or, parallèlement, on assiste à un gaspillage des biens manufacturés dans la composition desquels, le nickel entre parfois. Ce gaspillage est la résultante de la logique économique dominante laquelle prône toujours plus de consommation et de croissance. Elle conduit à la dilapidation des ressources naturelles et à la destruction des espaces naturels.

L’industrie du nickel (12 % du PIB de la Nouvelle-Calédonie) qui repose sur une ressource non renouvelable (dont les réserves sont estimées à quelques décennies pour la garniérite et quelques siècles pour la latérite) ne relève pas du développement durable.

L’hégémonie du nickel dans le paysage économique calédonien a par ailleurs contribué à étouffer l’agriculture de subsistance et à développer l’économie de marché, là où elle n’existait pas encore, ainsi que les importations.

Le transport des biens importés sur des milliers de kilomètres, notamment de Chine populaire, est lui aussi générateur de gaz à effets de serre. Or, l’augmentation du prix du pétrole et l’augmentation annoncée des revenus des ouvriers chinois vont forcément se répercuter sur le prix de revient de ces produits manufacturés importés.

L’ensemble des considérations qui précèdent plaide pour une sortie progressive de la Nouvelle-Calédonie de la mono industrie du nickel et pour une relocalisation de l’économie.

L’émergence d’une économie respectueuse de l’environnement ne doit pas attendre l’après nickel, elle doit se développer dès à présent.

VXII.2.         Propositions

VXII.2.a.    MESURES URGENTES et/ou APPLICABLES IMMEDIATEMENT

* La réalisation, par une commission extérieure et indépendante, du bilan de l’activité minière et de l’industrie métallurgique et ce depuis le début de l’exploitation minière intégrant les aspects économique, social, environnemental, sanitaire et culturel.

* Ensemble ¨Pour La Planète demande à être associé à l’élaboration du cahier des charges de cette étude.

* La tenue d’assises rassemblant l’ensemble des acteurs concernés (institutions, partis politiques, syndicats, associations, citoyens, …) sur le thème : « XXIème siècle : quelle économie pour la Nouvelle-Calédonie ou comment parvenir à l’instauration d’une économie prospère et autonome respectueuse de la nature et des hommes ? ».

Au cours de ces assises, aucune question ne sera éludée :

* taux de conversion du franc pacifique ;

* indexation des salaires de la fonction publique ;

* transferts financiers ;

* défiscalisation ;

* taxation des flux financiers ;

* création de 2 fonds :

Le « Fonds Biodiversité « alimenté par les secteurs économiques impactant l’environnement (en particulier le minier avec une taxation des bénéfices),

Le « Fonds Développement Durable « alimenté par le secteur minier pour soutenir le développement des autres secteurs économiques respectueux de l’environnement (éco-tourisme, agriculture bio …)

Ensemble Pour La Planète demande à être associé à la préparation et à l’élaboration du contenu de ces assises.

Dans la perspective de ces assises, les services concernés procèderont préalablement au récolement et à la publication de données fiables sur la situation de l’économie calédonienne d’aujourd’huVXII.

* L’élaboration et la validation du schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie en concertation étroite avec les populations concernées, notamment autochtones, et leurs représentants (institutionnels et coutumiers).

* L’élaboration et la validation du schéma de valorisation des ressources minières.

Au terme de cette démarche, la question sera posée de la pertinence de réaliser ou non les projets industriels envisagés (cf. Position d’Ensemble Pour La Planète sur les projets GORO NICKEL p.47 et PRONY ENERGIE p.35) dans l’état actuel du dossier.

VXII.3.         Position d’Ensemble Pour La Planète vis-à-vis du projet Goro-Nickel

Ensemble Pour La Planète demande :

* que, considérant la décision de justice du tribunal administratif du 14 juin 2006, soient différés tous les travaux nécessaires à l’assemblage de l’usine de traitement du minerai et la remise à plat du projet industriel suivant la démarche indiquée dans la fiche jointe à la présente note,

* le respect des 4 piliers du « Développement Durable « : Économie, Socio-Culturel, Environnement, Bonne Gouvernance, et l’application stricte du principe de précaution,

* l’élaboration d’un plan de conservation de la biodiversité du périmètre impacté, à long terme aux 3 niveaux d’organisation de la biodiversité : écosystème, espèces, population, dans ces trois composantes : terrestre, dulçaquicole et marine,

* le classement Ramsar de toute la région de la Plaine des Lacs, au delà de la chute de la Madeleine, les marais du creek Pernod,

* l’engagement financier de l’industriel dans la réhabilitation intégrale, hydrique et végétale, de la zone impactée par le projet industriel quelque soit le devenir de celui-cVXII.

Parallèlement, Ensemble Pour La Planète demande que soit engagée une politique permettant le développement de filières économiques alternatives respectueuses de l’environnement : sylviculture, revégétalisation, tourisme vert, production de biocarburant à partir du coprah, agriculture bio.

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