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Lettre ouverte à Monsieur le membre du gouvernement en charge de l’agriculture et de l’environnement


Monsieur,
Vous savez mieux que nous que les pratiques agricoles conventionnelles, grandes consommatrices de pétrole (via les engrais et pesticides de synthèse, les carburants, tous issus de la pétrochimie), sont à la fois extrêmement toxiques pour la santé et l’environnement mais aussi condamnées à disparaître eu égard à l’épuisement de la ressource pétrolière.
Nous avons donc l’honneur de vous demander de bien vouloir afficher des objectifs ambitieux en matière de développement en Nouvelle-Calédonie des filières d’agriculture biologique et intégrée, tant pour les productions végétales qu’animales.
Même si le temps politique n’est pas le temps de la Terre, il convient, à l’unisson d’autres pays, de viser loin et haut : 20% de la SAU (surface agricole utile) en bio à l’horizon 2020 et au moins le triple en intégré au même horizon.
L’agriculture calédonienne bénéficie d’aides publiques à hauteur de 2,4 milliards de francs par an (au bas mot car ce montant n’inclut peut-être pas les manques à gagner pour la collectivité -montants des défiscalisations et exemptions de taxes, par exemple sur les produits phytosanitaires ou pesticides- ni les rémunérations des administratifs et techniciens publics du secteur). -A noter que cette répartition semble pour le moins très injuste puisque 20% des exploitants captent 80% des aides… Cherchez l’erreur ! En supposant une répartition « uniforme», chaque exploitant recevrait 24 millions de francs par an. Ce n’est pas rien !-
Or, en même temps que cette considérable manne d’argent public est répandue, tous, agriculteurs et citoyens consommateurs, s’accordent pour dresser un sombre bilan : la profession se meurt et les Calédoniens se méfient des productions locales. Alors puisque ni les uns ni les autres n’ont grand-chose à perdre, changeons résolument ! A moins que notre voix ne soit couverte par celle des 20% cités plus haut…
Vous n’ignorez pas non plus que les ruraux ont d’autres fonctions que celle de fournir des productions alimentaires marchandes. Ils entretiennent les paysages, contribuent grandement à l’équilibre social des territoires, et, si leurs pratiques sont respectueuses, ils protègent la santé et l’environnement (eaux, sols, air, biodiversité). Ces aspects de leurs productions doivent être rémunérés à leur juste valeur. Les agriculteurs citoyens ont, bien plus que ceux qui externalisent les coûts de leurs pratiques toxiques, droit à un revenu décent ; ils pourraient en trouver là une partie.
Nous ne doutons pas que vous serez très attentif à la présente et nous vous en remercions par avance au nom de tous les Calédoniens. Nous avons l’honneur de vous faire savoir que nous nous rendrons, bien sûr, disponibles pour nous impliquer dans la mesure de nos  modestes moyens, dans toute initiative que vous pourriez prendre destinée à la définition et à la programmation de tels objectifs.
Recevez, Monsieur le membre du gouvernement, nos meilleures salutations écologiques.
Pour EPLP, la Présidente, Martine Cornaille
NB : en 2010 la métropole dégagera 10 millions d’euros, en plus des 7 millions de l’UE, d’aide à la conversion en bio pour atteindre l’objectif de 6% de la SAU (soit 1.65 millions d’hectares). A rapprocher des 20 millions d’euros d’aides annuelles en NC… Avec cette somme, on pourrait donc tout convertir !
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Commentaires

  1. DANNY  octobre 12, 2010

    Voilà le problème de rééquilibrage des subventions est un moyen de dynamiser le secteur bio en émergence certaine en NC.
    20% de production agricole bio serait un objectif raisonnable à atteindre.
    Cela permettrai une recrudescence des exploitations donc un maintien et un ancrage des jeunes exploitants au village ou à la tribu.
    Cela permettrai aux producteurs traditionnels mélanésiens d’être reconnus et aidés dans leur démarche qui s’apparente à la culture bio.
    Cela permettrai aux sols du territoire de ne plus s’appauvrir avec la suppression progressive des engrais et des pesticides.
    Cela permettrai l’autosuffisance progressive en matière de production agricole.
    Cela permettrai des tarifs raisonnables avec la suppression des intermédiaires.
    Cela permettrai des véritables relations humaines entre producteurs et consommateurs.
    Cela permettrai…
    Cela…
    Que du bon pour tous!
    VIVE LE BIO

    répondre
    • cornaille  décembre 2, 2010

      Merci de votre participation Dany !
      Cordialement,
      Martine Cornaille

      répondre

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