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Autisme à la Maison bleue…

Casy, le retour !
Il y a quelques semaines EPLP et d’autres associations environnementalistes et citoyennes participaient à l’enquête publique relative à un projet d’hôtel sur l’îlot Casy et s’attachaient à démontrer la « non-durabilité » du projet sur cet îlot exceptionnel ; une pétition (ayant recueilli 2 400 signatures en 15 jours) était remise au commissaire-enquêteur. Celui-ci entendait leurs arguments et donnait un avis défavorable au projet, avis adossé à cinq réserves, quatre d’ordre environnemental, une d’ordre social.
Et, oh surprise (?), il y a quelques jours, la CAUPS (commission aménagement et urbanisme de la Province sud) avait à se prononcer sur le MEME projet ! La mairie du Mont Dore (à moins que ce ne soit la Province sud ?) aurait approché les populations concernées et levé la réserve sociale. Qu’a-t-elle donc fait miroiter ? En tout cas, EPLP n’a pas été invitée à l’accompagner… Peur de la contradiction ?
Restent les réserves environnementales… Mais quelle importance ont-elles ? Manifestement, aucune puisque la commission s’est prononcée majoritairement POUR  la réalisation de ce  projet. Parce qu’il faut DE-VE-LOP-PER nous dit-on!  Nous osons demander une précision pour nous de toute première importance: faut-il le faire à tout prix ????
Pas assez d’eau sur l’île. Pas d’eau potable non plus ! Pas d’informations relatives aux traitements des eaux en phase chantier. Pour la phase exploitation, les études de sols susceptibles de valider le devenir des effluents liquides n’ont pas été réalisées. Pas d’avis du comité de gestion tout juste créé. Pas de respect de Charte Chantier Vert ni normes Ecocal…
Et tout cela pour un « joyau du sud »…
 
Quels puissants intérêts se cachent derrière cette obstination incompréhensible ?
Puisqu’il est question d’argent, EPLP demandera au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et au gouvernement français de ne pas accorder la défiscalisation à ce projet non soutenable environnementalement et sans doute aussi économiquement (la précédente structure a fermé faute de touristes, faut-il le rappeler ? Et comme les chiffres du tourisme sont chaque année en baisse, les promoteurs ne sont pas prêts d’atteindre la fréquentation de 60% annoncée ; à moins que l’on ne nous dise pas tout quant à la destination réelle de cette structure…). Nous ne doutons pas que l’argent public trouve à s’employer plus efficacement en ces temps de disette.
 
L’échangeur de l’Etrier
Plus récemment, EPLP participait à une autre enquête publique, celle relative à la construction d’un échangeur dit de l’Etrier. Là aussi, elle demandait à la collectivité provinciale de renoncer à ce projet « peu urbain »  (dixit le projet d’aménagement et de développement durable de l’agglomération !) d’ 1,5 milliard de francs et qui, parce qu’il est un « aspirateur à bagnoles » (dixit le même document !) ne résoudra rien. Quid des problèmes de circulation amont et aval, quid du fait que pour les spécialistes, la congestion signe un point de non-retour définitif, quid encore du fait que Nouméa, une presqu’île, ne pourra pas absorber de flux de véhicules supplémentaire…?
Mais avant même la fin de l’enquête publique, les travaux de transplantation de végétaux commençaient sur le chantier et l’élu en charge des transports se justifiait par un « quels que soient les avis du commissaire enquêteur et de la population, ce projet se fera ».
Alors EPLP s’indigne de ce que les enquêtes publiques ne soient que d’inutiles formalités et dénonce l’autisme de la province sud. Démocratie de pacotille, autoritarisme, défaut de concertation… Décidément, ces reproches reviennent souvent.
EPLP prend acte de la franchise de la Province sud. Puisque celle-ci ne se cache pas de ne faire aucun cas de l’avis de ses administrés, EPLP s’interdira à l’avenir de participer directement aux enquêtes publiques de cette collectivité. Nous ne servirons plus de caution.
Nul doute qu’EPLP trouvera  à œuvrer  utilement par ailleurs puisqu’en matière de protection de la santé et de l’environnement, ce ne sont malheureusement pas les dossiers qui manquent en Nouvelle-Calédonie…
                                                                                                          Pour EPLP, Martine Cornaille
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Commentaires

  1. Sagamore  octobre 13, 2010

    Un projet pour le devenir de Casy ?
    La défiscalisation, la captation de subventions diverses, la faillite touristique programmée, le découpage et la vente aux potes du Rump qui louent comme base arrière à Vale Inco… et Bingo !

    Je rêve, là ?

    répondre

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