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l’Australie a décidé d’interdire l’usage de l’Endosulfan

Bonne nouvelle ! Après des années de débats, l’Australie a décidé d’interdire (octobre 2010) l’usage de l’Endosulfan :
(voir article traduit ci-dessous)

En Nouvelle-Calédonie, voici ce qui s’est passé :
2005 : L’Union Européenne interdit l’Endosulfan pour risques sanitaires/environnementaux (1)
2007 : EPLP et UFC Que ChoisirNC demandent d’interdire VITE en NC des molécules très toxiques ou écotoxiques, déjà éliminées par l’UE (dont l’ENDOSULFAN). Les autorités répondent : des produits utilisés en N-Zélande ou en Australie ne sont pas si dangereux, et mieux adaptés à notre contexte géoclimatique ; et puis.. la concurrence avec les produits végétaux importés doit être loyale.

Sept 2008 : le gouvernement N-C interdit l’usage de l’Endosulfan sur légumes feuilles. Décembre 2008 : la N-Zélande décide à son tour de bannir totalement l’Endosulfan.. Janvier 2009 : le gouvernement N-C lance des ateliers pour revoir la réglementation des pesticides agricoles. EPLP y participe, mais souligne l’urgence de retraits demandés depuis 2007. Rien ne vient ; en juin EPLP se retire des ateliers – interrompus de facto.

Aout 2009 : le (nouveau) gouvernement calédonien promet un geste fort en direction des associations.

Juin-Octobre 2009 : Un « groupe de révision », quelques développeurs et chercheurs, sous l’égide de la Chambre d’Agriculture, étudient l’opportunité du retrait de 13 molécules « prioritaires » proposées par les associations.  Leurs conclusions pour l’Endosulfan : – attendre un an pour l’interdire – stocks importants, délais d’adaptation des agriculteurs, notamment en maraichage (!) – conserver l’Endosulfan pour traitements spécifiques du café et de l’avocat. EPLP conteste la nécessité technique de ces deux dérogations, et dénonce l’emploi abusif de ce produit bon marché, à large spectre. 1er janvier 2010 : l’homologation de l’Endosulfan en N-C arrive à son terme de 5 ans. Aucun distributeur n’en ayant demandé le renouvellement, l’Endosulfan cesse d’être autorisé à l’impor tation – ainsi qu’une douzaine d’autres molécules – sans aucune décision officielle de retrait. Les stocks « importants » vont pouvoir s’écouler sans difficulté. (D’après les textes, en cas de retrait justifié pour des raisons de santé/environnement, toute distribution aurait du cesser immédiatement).

(1) l’UE dispose des moyens supérieurs pour évaluer la dangerosité des molécules, d’où son avance sur l’Australie et la N-Zélande. Les lobbies agricoles sont partout à l’oeuvre, et très puissants aux USA

TRADUCTION DE L’ARTICLE AUSTRALIEN :
L’Australie s’associe à d’autres pays en interdisant l’Endosulfan
L’APVMA (1) vient d’interdire les pesticides à base d’endosulfan, elle revient ainsi sur ses décisions précédentes – disant ce produit sûr à condition d’être utilisé correctement.
Selon un rapport des Ministères de l’Environnement et de la Santé, préparé pour l’APVMA : « Il y a des preuves substantielles que l’Endosulfan est très toxique pour la plupart des animaux, avec des effets à la fois aigus et chroniques pour des niveaux d’exposition assez bas ». « Le maintien de l’homologation de l’Endosulfan est susceptible d’avoir sur l’environnement des effets inattendus qui ne peuvent pas être atténués » Ces produits chimiques « ne présentent pas un risque significatif pour la santé publique ». Pourtant des études internationales ont déjà identifié l’endosulfan comme perturbateur endocrinien (2)

Jusqu’à présent l’APVMA avait résisté aux demandes de radier les pesticides à base d’Endosulfan (3). Une nouvelle recherche menée depuis 2007 lui a fait réviser sa position prise « à partir des meilleures données scientifiques disponibles jusqu’alors » selon l’APVMA. Pourtant l’Endosulfan est déjà interdit dans plus de 60 pays, dont ceux de l’Union Européenne (en 2005) et la Nouvelle Zélande ( en 2008). En juin 2010, l’Agence américaine de Protection de l’Environnement a déclaré qu’elle va faire interdire l’endosulfan aux États-Unis en raison des risques inacceptables « neurologiques et reprotoxiques pour les travailleurs agricoles et la faune sauvage ». Le député vert John Kaye, qui a fait campagne contre l’emploi d’Endosulfan, affirme que, ces deux dernières années, l’APVMA a refusé de tenir compte des preuves de risques. La commission nationale des substances toxiques a également déclaré que cette interdiction aurait du être prise plus tôt, et que les résidus resteraient dans l’environnement pendant de nombreuses années.

Ben Cubby Sydney Morning Herald ( 13 octobre 2010)
(1) Autorité Australienne pour les Pesticides et les Produits Vétérinaires ; en N-Calédonie cela correspond à la DAVAR. (2)( et neurotoxique) par l’Union Européenne d’abord, qui consacre davantage de moyens à l’évaluation des dangers des molécules ; et aussi par des ONG ( organismes non gouvernementaux) comme le PAN (USA), le MDRGF ( France), GreenPeace .. souvent en avance sur les gouvernements. (3) notamment par les associations australiennes de consommateurs
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