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Temps de parole. Spécial nickel, Martine Cornaille

Martine CORNAILLE est interviewée par Olivier JONEMANN dans lémission "Temps De Parole"


Rediffusion le 15/01/2011 de l’émission sur Nouvelle Calédonie Première « Temps de parole » du 21/11/2010  avec l’interview de Martine Cornaille (MC), présidente d’EPLP.

A l’occasion de la conférence mondiale du nickel qui s’est tenue à Nouméa,la présidente d’EPLP dresse la facture de l’empreinte écologique du nickel en Nouvelle-Calédonie : un tableau très critique de l’activité nickel en Nouvelle-Calédonie.

A la question d’Olivier Jonemann (OJ) « êtes-vous contre le nickel? »,

Martine répond « en tout cas on est contre telle que cette  exploitation a été menée jusqu’à présent. Donc si cette activité économique semble incontournable pour la Nouvelle Calédonie il faut qu’elle soit faite de façon à ce que l’essentiel qui est notre environnement soit préservé, puisque encore une fois l’Homme n’est plus au dessus des écosystèmes, il est dedans et à partir du moment où on fait du mal aux écosystèmes on fait du mal à l’Homme. »

OJ : « alors le coût écologique du nickel quel est-il selon vous?

MC : « il est considérable, les activités minières sont les activités les plus impactantes qui soient. Alors ça commence au niveau de l’exploitation des mines par la perte d’habitat et donc une perte de biodiversité ça continue avec la modification du cycle de l’eau et donc peuvent s’ensuivre des conflits d’intérêts. Qui va bénéficier de l’eau restante? Les individus particuliers? Les agriculteurs? L’exploitant minier? Et ça continue encore avec éventuellement l’exposition à l’amiante, ça continue enfin avec la multiplication des feux par le biais de l’ouverture des pistes donc qui favorise la pénétration sur différents sites de pyromanes accidentels ou volontaires. »

OJ : « c’est un tableau trés noir que vous nous dressez, vous êtes vraiment anti nickel alors?

MC : « C’est un tableau trés noir mais parce que nous sommes volontaires que nous croyons en l’Homme nous voulons faire autrement et nous savons qu’il est possible de faire autrement donc nous sommes résolument optimistes, il faut seulement que nous ouvrions les yeux, que nous posions les problèmes et que nous cherchions des solutions durables.

OJ : « Est-ce que vous avez calculé précisément le coût de la revégétalisation des mines de nickel abandonnées ou orphelines aujourdh’ui? »

MC : « nous ne l’avons pas fait au titre d’EPLP mais les pouvoirs publics l’ont fait, à l’heure actuelle 20000 ha de terres sont impactéees par les mines qui sont soit orphelines soit abandonnées. Sur ces 20 000ha, les pouvoirs publics ont chiffré le coût de la revégétalisation à 160 milliards de francs dont au moins la moitié sera pris en charge par la collectivité c’est à dire par vos impôts et les miens. »

OJ : « Effectivement c’est beaucoup moins agréable à entendre, mais est-ce que c’est tout pour le nickel? Mais là vous exagérez un peu parce qu’ il y a le Schéma Minier qui a pris des précautions et qui borde un peu l’activité des mineurs. »

MC : « Alors le Schéma Minier a le mérite d’exister  il n’est pas parfait et en particulier nous avons fait valoir auprés des autorités et même  nous avons tenté de le faire valoir également auprés de la justice que ce schéma minier n’avait pas suffisament associé la société civile. Donc nous allons faire un point à la demande du Gouvernement avec la Dimenc concernant les aménagements que nous voulions voir apporter à ce schéma minier puisqu’il n’est pas parfait mais ça c’est normal. »

OJ : »Pour parler maintenant de la métallurgie, qu’est-ce que vous lui reprochez? »

MC : « Alors la métallurgie eh bien elle est trés liée à la production d’énergie et en Calédonie malheureusement on a fait des choix  de production d’énergie à l’exception de Yaté, qui sont des choix extrémement sales. »

OJ : « Oui mais peu coûteux »

MC : » Ah mais peu coûteux parce qu’on ne compte pas bien à l’heure actuelle les choix qui sont faits par les industriels ne prennent en compte que le coût de la construction de la centrale et le coût de l’approvisionnement en combustible, en l’occurence le charbon mais ces coûts là n’internalisent pas des coûts cachés qui sont les coûts environnementaux, les coûts sanitaires et les coûts sociaux, quelques exemples : »

MC : « on sait tous que dans les quartiers situés sous le vent de la SLN se posent un certain nombre de problèmes sanitaires évidemment c’est pas  la SLN qui les couvrent, ce sont vos cotisations sociales à la Cafat et les miennes comme tout à l’heure, l’industriel n’est pas tenu de payer les conséquences de ses choix et ça, ça doit changer. »

MC :  » un autre exemple, à titre, on va dire de rappel, l’amiante en  Calédonie c’est 10 fois plus de morts qu’en métropole, qui supporte ces coûts? C’est la collectivité, ce ne sont pas les industriels. »

MC : « Lorsqu’on parle de la remise en état des routes dégradées par les lourds engins qui travaillent sur mines ou qui participent à la construction des usines, ces coûts, ce sont la collectivité qui les assume. »

MC :  » Un autre exemple, heu!… aidez moi!..Ah oui, des cadeaux fiscaux qui sont faits aux industriels par le biais de la défiscalisation ou de la détaxation du fuel et du charbon, c’est autant de manque à gagner pour la collectivité donc d’un coté on a l’impression qu’on fait tout pour favoriser le développement de la mine et de la métallurgie et qu’au final c’est la collectivité et elle seule qui en paie les coûts. Est-ce qu’il faut parler aussi du pacte de stabilité fiscale, d’exonération de TSS et autres. »

OJ :  » Et à vous entendre on ne fait plus rien parce que si on ne fait plus de nickel on ne fait plus rien en Nouvelle Calédonie, malheureusement? »

MC : « Mais il n’est pas question de ne plus faire de nickel mais il est question de faire du nickel autrement, différemment et puis de surcroit on a bien d’autres filières économiques à développer alors vous savez que l’on a depuis plusieurs années touché à la problématique agricole nous voulons voir développer une agriculture de qualité il faut absolument que la couverture des besoins alimentaires….

OJ : « Eh bien si vous le voulez on en reparlera une prochaine fois car le temps qui nous est imparti est écoulé »

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