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Les arguments de la DAVAR

Direction générale des services
Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales
Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire

Objet : Résidus de pesticides

V/Réf. : Votre lettre du 24/10/2008

Messieurs les Présidents,

Je vous remercie d’avoir bien voulu transmettre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie les résultats d’analyses relatifs aux prélèvements que vous avez effectués sur fruits et légumes.

Concernant les échantillons de fraise et pomme de terre pour lesquels des résidus ont été décelés nous souhaitons vous apporter les éléments suivants :

1) Fraise :

–                      Pour la Carbendazime (fongicide polyvalent) le taux de 1,1 mg/kg retrouvé est en effet supérieur à la LMR fixée par la règlementation de Nouvelle-Calédonie (NC), soit 0,1mg/kg. En 2007, les producteurs de fraises concernés par des dépassements de LMR pour cette substance active (SA) avaient reçu un courrier d’avertissement. Par ailleurs, des échantillons sont en cours d’analyse dans le cadre du plan de surveillance 2008. Les résultats obtenus lors de votre enquête sont effectivement supérieurs à ceux retrouvés en 2007. Nous prévoyons donc l’envoi d’un nouveau courrier d’avertissement aux producteurs de fraises, si vous souhaitez nous transmettre le nom du producteur concerné. Toutefois, il ne nous parait pas utile d’alarmer les consommateurs de fraises calédoniens : en effet,  si l’on se positionne selon les normes australiennes et néo zélandaises fixant une LMR de 5mg/kg sur fraise, la commercialisation de ces fraises ne présenterait aucun danger dans ces 2 pays ; il nous semble donc raisonnable de faire la même analyse pour la Nouvelle-Calédonie ;

–                       Pour le Chlorothalonil (fongicide permettant de lutter contre l’anthracnose) le taux de 0.62mg/kg retrouvé, s’il est effectivement supérieur à  la LMR  fixée par la règlementation de NC, est très inférieur à celle existant en métropole et Europe (3mg/kg). Ce résultat ne peut donc être considéré comme alarmant.

En conclusion pour ce qui concerne les fraises, si les 2 dépassements signalés sont effectifs au vu de la réglementation NC,  il convient de préciser que les LMR « légales » en NC étant très basses (proches du seuil de détection) par rapport à celle l’Australie ou de l’Europe, cela ne peut pas permettre d’évoquer un danger à consommer des fraises de ce producteur.

2) Pomme de terre :

–          Concernant les résidus de Prophame et Chlorprophame retrouvés, il s’agit d’anti-germinatifs utilisés en cours de stockage. Le seul produit homologué en Nouvelle-Calédonie et utilisé, uniquement par l’OCEF, comme anti-germinatif est un produit à base de Chlorprophame à 20% (résidu que l’on retrouve à l’état de traces dans vos analyses). Par contre, des pommes de terre importées de Nouvelle-Zélande ont été mises sur le marché par l’OCEF aux dates des prélèvements. Et le Prophame est homologué en Nouvelle-Zélande pour le traitement anti-germinatif des pommes de terre avec une LMR de 50mg/kg.

Nous supposons donc que les échantillons de pommes de terre prélevés par vos soins provenaient de Nouvelle-Zélande (NZ).

Pour la même raison que pour les fraises, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter quant à la consommation des pommes de terre en NC, qu’elles soient locales ou importées. Le produit relevé sur des pommes de terre, très vraisemblablement importées, est effectivement non homologué en NC, mais homologué en NZ, et n’est en effet retrouvé qu’en quantité nettement inférieure à la LMR de NZ.

Je souhaite également vous confirmer la mise en place d’un plan de contrôle sur les fruits et légumes en 2009. Dans ce cadre, des procès verbaux seront dressés à l’encontre de tous les producteurs récidivistes. De plus, une révision des LMR de référence, dont les exemples ci-dessus montrent la nécessité, devrait aussi avoir lieu en 2009, en concertation avec la DASS et les services techniques provinciaux.

Les éléments rapportés par votre courrier et les réponses données ci-dessus m’amènent enfin à vous proposer de vous recevoir à une date vous convenant pour :

  • discuter de nos méthodes de prélèvements respectives et envisager la possibilité de règles communes, ou complémentaires ;
  • vous exposer plus précisément les actions que nous envisageons pour assurer une meilleure utilisation des produits phytosanitaires, et ainsi contribuer à la protection des consommateurs.

Je vous prie d’agréer, Messieurs les Présidents, l’expression de ma parfaite considération.

Le directeur des affaires vétérinaires,

alimentaires et rurales,

Ch. DESOUTTER

Michel DAVAREND

UFC QUE CHOISIR

BP 2357

98846 NOUMEA

Valery PASCO

EPLP

N’Géa, 7 rue François Anewy

98800 – Nouméa

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