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La planète se mobilise contre les changements climatiques, et nous, et nous, et nous !!!

Onze des années les plus chaudes enregistrées depuis l’établissement de statistiques météo, font partie des douze dernières années : le réchauffement climatique s’accélère.

Les débats de la communauté internationale sur les changements climatiques ont pris une importance considérable tant il y a aujourd’hui urgence à faire face aux conséquences dont certaines se font déjà ressentir. Soutenues fortement par les pays en développement, les Nations Unies affirment désormais que les problèmes du changement climatique sont liés au développement.
Un exemple : le développement de la Nouvelle-Calédonie passe par trois centrales électriques fonctionnant au charbon, étant une des sources principales des émissions de gaz à effets de serre.

La toute première assemblée plénière de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème des changements climatiques qui s’est tenue du 31 juillet au 2 août dernier à New York, a été suivie en août de la réunion à Vienne, en Autriche, d’experts mondiaux du changement climatique pour préparer l’après-Kyoto.

Réuni le mois dernier à Valence en Espagne, le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat ) une organisation internationale co-récipiendaire du prix Nobel de la Paix 2007, a remis son rapport de synthèse qui livre les derniers enseignements scientifiques concernant le changement climatique et s’attarde, notamment, sur les conséquences de celui-ci en matière d’adaptation et de développement durable.

L’intérêt de ce rapport de synthèse réside également… dans les difficultés générées par sa rédaction, visualisant les positions de différents pays, certains oeuvrant pour minimiser ce qui pourrait conduire à une réduction de la consommation de pétrole, d’autres se battant pour retirer du rapport le terme « irréversible », utilisé dans la version originelle à propos du réchauffement.

Les études menées par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) démon- trent que les pays riches et leurs citoyens sont responsables de la grande majorité des gaz à effets de serre retenu dans l’atmosphère. Et les pays pauvres et leurs citoyens sont ceux qui devront payé le prix le plus élevé du changement climatique. Aussi  le PNUD a-t-il titré son rapport 2007-2008 Lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé.

La 13 eme Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques se tient du 3 au 14 décembre 2007 à Bali, en Indonésie et devra conclure sur l’après Kyoto. En effet, les engagements pris par les Etats signataires du Protocole de Kyoto – réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5% – expireront en 2012.

Le rapport du GIEC, lui, prévient déjà que les vingt à trente prochaines années seront cruciales dans les efforts pour atténuer le réchauffement de la planète. Pour tenir l’objectif de 2 degrés, les spécialistes jugent nécessaire une réduction de 50 à 85% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’ici à 2050 et soulignent que la technologie pour ce faire est déjà disponible.

« Nous devons réussir les négociations à Bali et adopter un accord global sur les moyens de limiter le réchauffement climatique », a déclaré M. Claes Johansson, un responsable du Programme des Nations Unies pour le Développement.

L’objectif de l’effort international pour le climat doit être de construire une économie mondiale qui, en matière d’énergie, devrait atteindre, à la fin du siècle, un degré zéro de carbone. Un défi que doivent relever ensemble les gouvernements et les industriels. Et le problème clé n’est pas un manque de bon sens, mais un manque de volonté politique pour mettre en œuvre les mesures indispensables à la lutte contre le changement climatique.

Le rapport de la réunion régionale des petits États insulaires en développement tenue cette année, expose les actions à mener en vue de faciliter le processus d’adaptation aux changements climatiques dans ces pays. Ce rapport met l’accent sur l’incidence de ces changements, en particulier les pertes économiques attribuables à la réduction des rendements agricoles et la disparition des mangroves et des récifs coralliens provoquée par l’élévation du niveau de la mer et l’acidifica tion des océans. Il traite aussi des zones d’habitation et des terres arables englouties sous les eaux côtières et de la baisse du tourisme causée par la fréquence et la gravité accrues des cyclones et autres phénomènes météorologiques extrêmes.

Le Pacifique subit déjà les conséquences du changement climatique :
Les peuples de Tuvalu et de Kiribati sont contraints de se trouver des territoires nouveaux auprès d’autres nations. La Grande Barrière de corail voit ses massifs coralliens menacés de blanchisse- ment généralisé par une élévation de température de 2°C par rapport aux moyennes de 1990, et un degré de plus provoquera des mortalités importantes.
La population du village de Lateu, au Vanuatu, a du être évacuée. Les habitants du Nord d’Ouvéa ont déjà signalé l’érosion du littoral avec la montée du niveau de la mer.

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) dues à l’énergie ont fortement augmenté depuis 1990 et nos gouvernants gèrent mal notre interdépendance écologique. En effet, notre génération accentue la dette écologique non solvable que nous léguons aux générations futures tout en créant plus de menaces sur les populations les plus désavantagées.

La Nouvelle-Calédonie, en se dotant d’une infrastructure énergétique hautement émettrice de carbone rejoint le groupe de pays en développement pollueurs dont les dirigeants sont peu enclins à concilier économie(s), écologie et environnement, ceci notamment dans le domaine de l’énergie. Et comme les pauvres en Chine, les pauvres de Nouvelle-Calédonie paieront car, affirment les experts, le changement climatique va frapper le plus durement les populations les plus pauvres, et les plus vulnérables.

L’importation de véhicules de grosses cylindrées dévoreuses de carburant comble l’ego de certains à la recherche de justification de leur existence. Cela participe à la mauvaise gestion civique de l’environnement et fait partie de cette incohérence politique : On inscrit nos récifs coralliens au Patrimoine mondial de l’humanité tout en se donnant les moyens de participer à leur destruction.

Certains de nos dirigeants semblent donc insensibles à ces menaces qui pèsent sur nos peuples et leurs pays. Peut-être, comme l’a écrit un magistrat de Nouméa, « parce qu’ils croient vivre sur une quelconque Côte d’Azur  … ». Une Côte d’Azur pourtant victime future des changements climatiques.

Sans pour autant limiter nos moyens de locomotion à la bicyclette ou au cheval, limitons déjà nos choix politiques à de meilleurs dirigeants.

Sarimin Boengkih

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