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Historique du projet

Usine de Goro Nickel : Bref Historique

La Société GORO-NICKEL SAS, filiale du groupe VALE INCO ltd, devenue récemment VALE INCO Nouvelle-Calédonie a mis en oeuvre un projet d’exploitation minière dans les secteurs de Goro et de Prony Est, dans le sud de la Nouvelle Calédonie. Le projet de GORO NICKEL SAS – VALE INCO Nouvelle-Calédonie concerne une région comprenant une richesse particulière en termes de biodiversité et un nombre considérable d’espèces endémiques.

Sur un périmètre de 15 kilomètres, les sites de l’usine sont ceinturés par 7 réserves botaniques et une réserve spéciale marine, ( réserve Merlet ) au centre du Grand Lagon sud, une zone désormais inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO depuis le 8 juillet 2008.

Or, le projet porté par VALE INCO Nouvelle-Calédonie, particulièrement lourdpar son étendue et par les technologies mises en œuvre, implique la transformation irrémédiable de ce vaste espace naturel comprenant des baies, des plages, des forêts primaires, des lacs, des maquis miniers, etc…

En effet, VALE INCO Nouvelle-Calédonie compte exploiter un complexe industriel comprenant notamment, une usine chimique de traitement du nickel et du cobalt, des usines de fabrication d’acide, de chaux, et de courant électrique, de nombreux ateliers, une gigantesque carrière de pierre, une immense mine à ciel ouvert , des installations de traitement diverses et variées, un barrage de retenue d’eau et un site de décharge des résidus épaissis implanté sur une vallée entière, etc.

En outre, l’usine de VALE INCO Nouvelle-Calédonie comprend un grand tuyau de rejet en mer des eaux chargées en métaux lourds issus du traitement des minerais ( par an :15 millions de m3 par an, 10 000 tonnes de métaux dissous dont certains figurent sur la liste prioritaire LISTE de la directive Cadre sur l’Eau ).

Le 13 mars 1998, un premier dossier de demande d’autorisation d’exploiter a été déposé par l’industriel pour une usine pilote.

Le 5 novembre 2001, une demande d’autorisation d’exploiter accompagnée de 5 demandes de permis de construire a été déposée mais n’a pu être déclarée recevable compte tenu de ses lacunes.

Dans un même temps et de manière otalement obscure, INCO/GORO NICKEL SAS –  a entrepris dès 2001-2002 de gigantesques travaux de déforestation ainsi que des terrassements colossaux pour préparer d’une part l’ouverture de la mine, et d’autre part l’installation de l’usine commerciale.

Ces travaux ont été engagés alors qu’aucune autorisation concernant la mise en place du projet n’avait été accordée.

L’arrêté d’autorisation au titre de la législation sur les installations classée qui régit ce type de projet ne sera accordé qu’en octobre 2004;

L’autorisation administrative de tests miniers ne date que d’août 2004.

Ce sont ainsi plus de 1000 hectares de biodiversité et d’écosystèmes sans doute uniques qui ont été en dix mois ensevelis et anéantis sans qu’aucune étude n’ait pu être menée, compte tenu du climat d’extrême urgence développé à cette époque par l’industriel et l’autorité provinciale compétente.

Une nouvelle demande sera ensuite déposée le 15 janvier 2002. Bien que nécessitant des compléments, cette demande sera toutefois enregistrée et transmise à la Province Sud.

Une première enquête publique se déroulera du 20 février au 6 mars 2002, donnant lieu à un avis défavorable du Commissaire enquêteur, Monsieur GOURMAND.

Ensuite, une nouvelle enquête publique ordonnée par le Président de la Province Sud aura lieu du 24 juin au 8 juillet 2004.

A l’occasion de cette enquête publique, de nombreuses observations hostiles au projet seront formulées par le public et le nouveau Commissaire enquêteur, Mr TROMBONE, relèvera les multiples carences du dossier.

Néanmoins, l’enquête publique aboutira à un avis favorable, toutefois assorti de deux pages de recommandations de la part du commissaire enquêteur.

Le Président de la Province Sud prendra un arrêté n°1769-2004 en date du 15 octobre 2004 autorisant la Société Goro Nickel S.A. à exploiter une usine de traitement de minerai de nickel et de cobalt aux lieux dits « Goro » et « Prony Est » sur le territoire des Communes de YATE et MONT-DORE.

Sur requête de l’association de défense de l’environnement « Comité RHEEBU NUU », cet arrêté sera annulé pour irrégularité de la procédure d’enquête publique et insuffisances de l’étude d’impact par le tribunal administratif de Nouméa le 16 juin 2006.

En dépit de cette annulation, l’industriel a poursuivi la construction des installations. Selon les termes de son PDG : « Nous prenons acte de cette décision cependant nous continuons à nos risques et périls » (Jeffrey Zweig, juin 2006).

En métropole, l’annulation d’une autorisation d’exploiter une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) aurait entraîné l’annulation du permis de construire.

En novembre 2007, la Société Goro-Nickel déposera à nouveau une demande d’autorisation d’exploiter qui aboutira à un avis favorable du commissaire enquêteur et une autorisation par arrêté n° 1467-2008/PS du 9 octobre 2008, publié au journal officiel de Nouvelle Calédonie le 24 octobre 2008, par lequel le président de l’assemblée de la province sud autorisé la société Goro Nickel SAS à l’exploitation d’une usine de traitement de minerai de nickel et de cobalt sise « Baie Nord » – commune du Mont-Dore , d’une usine de préparation du minerai et d’un centre de maintenance de la mine sis « Kwé Nord » – commune de Yaté.

Un pacte pour le Dévelopment Durable du Grand Sud a été signé le 27 septembre 2008 par l’indus triel  et des représentants des peuples autochtones de cette aire : il comprend trois volets : socio- culturel, environnemental et développement durable. Des financements réguliers seront attribués pour la réalisation de ces volets quand la première tonne de nickel aura été extraite.

Un recours en annulation a été déposé en janvier 2009 par l’association environnementale Ensem- ble Pour la Planète contre l’arrêté d’ICPE relatif au fonctionnement de l’usine.

Début 2009 la construction de l’usine est quasiment terminée, le tuyau d’effluent a été posé au fond du lagon, et l’industriel doit commencer les esais avec la mise en pulpe du minerai et la mise sous pression de l’ensemble des installations.

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