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La commission OGM défriche le terrain

(Article publié le 22 septembre 2011 dans Les Nouvelles-Calédoniennes)

Les Nouvelles Calédoniennes

Après plusieurs mois d’enquête, la commission OGM révèle quelques-unes de ses conclusions.
Même si le travail de recherche n’est pas encore terminé, elle espère impulser une réglementation.

En octobre 2010, l’UFC Que choisir créait une commission d’enquête sur les organismes génétiquement modifiés, en partenariat
avec Ensemble pour la planète. Après plusieurs mois de recherche et de courriers échangés avec les institutions, des responsables du monde agricole, des importateurs et producteurs locaux, ses membres établissent un rapport d’étape. « On s’est intéressé aux OGM dans l’alimentation humaine, animale et dans les cultures, précise Frédéric Guérin, à l’origine de la commission. Notre objectif est d’apporter l’information aux consommateurs qui, actuellement en Calédonie, n’en ont aucune sur le sujet. » Et pour cause. Côté réglementation, c’est le vide abyssal. « Après six mois d’enquête, on n’a pas d’information absolue, reconnaît Jacques Pusset, membre de la commission et ancien chercheur au CNRS à la retraite.

Références.
Seulement beaucoup de doutes et des constats : « Certains renseignements demandent encore à être recoupés. Par exemple, depuis quelques semaines, il y a une certaine semence qui se vend sous la marque Seminis. Or, c’est la marque maraîchère
de Monsanto, un des leaders mondiaux en matière d’OGM. »
Une illustration parfaite des difficultés à surmonter dans la collecte d’information sur le sujet : « Il nous faut croiser des références commerciales avec des références scientifiques sous lesquelles les plantes OGM ont été autorisées à la vente.»
D’autant que la Calédonie est voisine de pays très ouverts aux OGM. « À commencer par l’Australie, mais aussi la Chine, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis. Après avoir étudié tous les OGM autorisés à la commercialisation dans ces pays, la liste s’est révélée très longue. » Aujourd’hui, il existe de la papaye, des betteraves, des tomates et même du squash OGM.
Comment ne pas penser qu’un de ces produits ne soit pas proposé à la vente chez nous ?

Réglementation.
Autre inquiétude toujours vis-à-vis de l’Australie : « le pays est en train de faire des essais plein champ sur du blé transgénique. Avec dans l’hypothèse, d’ici quatre ou cinq ans, de ne plus produire que du blé OGM. Or la Calédonie, pour fabriquer son pain et ses pâtes, importe du blé d’Australie à 99,8 % ! A ce jour, on n’a aucune certitude concernant les entrées possibles de plante et de produits dérivés ici. On ne peut avoir confiance que dans les produits européens soumis à
réglementation sur l’étiquetage. Celle-ci impose que la présence d’OGM soit mentionnée dès qu’un produit en contient plus
de 0,9 %. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont une réglementation différente, qui ne concerne pas les produits raffinés ou transformés comme l’huile de colza ou le sucre. »
La commission espère inciter les autorités à adopter une réglementation plus contraignante basée sur celle de l’Europe.

C.L

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