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CalédOGM ?

Une loi de pays pour réglementer les OGM
Aucune réglementation dans ce domaine n’existe en Nouvelle-Calédonie. Tout au plus existent quelques « recommandations » des services agricoles du territoire qui ne peuvent garantir la présence ou l’absence de plantes transgéniques dans notre environnement. Y a t-il de la papaye, du maïs et/ou du café transgéniques cultivés ou expérimentés dans nos parcelles… ?
Et même si le responsable du pôle végétal de la Chambre d’agriculture affirme « n’avoir jamais croisé de contrôleur Monsanto », nous sommes en droit de nous interroger.
Après une année d’investigations, le mystère reste entier malgré nos demandes répétées d’informations auprès des institutions agricoles compétentes. Seule exigence pour importer des semences en toute légalité sur le territoire : remplir une simple déclaration où l’on atteste que les semences sont non-OGM. Peu contraignant… et quels contrôles ?
Certains importateurs et transformateurs locaux de denrées alimentaires (humaines et animales), interrogés sur le sujet, fournissent au mieux des réponses confuses ou incomplètes, voire intimidantes. Parfois, il est fait état d’engagement de qualité impossible à vérifier, parfois d’un engagement des fournisseurs à présenter des produits exempts d’OGM ou en dessous des teneurs tolérées par la législation européenne (teneur inférieure à 0,9% en OGM).
L’ Australie et la Nouvelle-Zélande ont sur l’étiquetage des OGM, une réglementation moins contraignante que les pays de l’Union Européenne : en particulier, les produits raffinés comme les huiles de colza échappent à l’étiquetage OGM, or en Australie près de 10% de la production de colza est génétiquement modifié, et ces produits sont susceptibles de se retrouver sur nos étals.
Les Etats-Unis, quant à eux, ne réglementent pas l’étiquetage des produits transgéniques, pas plus que le Canada. Il est rare d’obtenir de la part des fournisseurs nord-américains une « garantie sans OGM » comme celle affichée par la plus célèbre marque japonaise de soyo en vente sur le territoire. Alors oui… les raisons de nous inquiéter de la présence d’OGM dans notre alimentation sont réelles.
Mais pourquoi s’opposer aux OGM ?
Les sceptiques, mal informés des résultats des études indépendantes, diront « la dangerosité des OGM n’a jamais été prouvée »… Alors, les OGM sont-ils dangereux pour la santé ? Pour mettre un nouvel OGM sur le marché, les compagnies semencières doivent remettre un dossier d’expérimentation et de commercialisation auprès des agences nationales de sécurité sanitaire, telles que l’AFSSA en France, ou la FDA aux USA, qui donnent les autorisations de mise sur le marché des OGM en se basant uniquement sur les données fournies par les industriels. Le Pr. Pierre-Eric Séralini dénonce depuis de nombreuses années les lacunes observées dans ces dossiers « tant sur la connaissance de la physiologie et de la génétique des plantes transgéniques obtenues, que de leur effet sur la santé et l’environnement ».
La recherche indépendante en matière d’OGM est quasi-inexistante puisque les industriels refusent de communiquer leurs données classées « secret industriel ». Citons quand même les résultats du professeur écossais Arpad Pusztai, qui, après avoir nourri des rats avec des pommes de terre OGM, a observé des modifications dans leurs reins, rate, thymus, intestins. De graves défaillances immunitaires apparaissent après dix jours de consommation et le système immunitaire s’écroule au bout de 110 jours, provoquant la mort des rats.
La stratégie des multinationales des biotechnologies, telles que Monsanto, est celle du contournement : elles ne s’efforcent pas de nous prouver que les semences transgéniques sont sans danger pour l’environnement et l’Homme, mais de nous convaincre qu’elles sont la solution « miracle » à la faim dans le monde, la solution de rechange à l’utilisation abusive des pesticides, la solution incontournable pour l’adaptation de l’agriculture à la sécheresse et au réchauffement climatique… Il n’y aurait donc que des avantages à produire des OGM ?
Pourtant si on fait le bilan, les OGM ne tiennent pas leurs promesses…
Les gènes insérés peuvent contaminer d’autres espèces, cultivées ou sauvages. L’ Amarante palmée, qualifiée de « super-mauvaise herbe », est devenue l’ennemi numéro 1 de la communauté pro-OGM aux Etats-Unis : elle a, en une quinzaine d’années, acquis des gènes de résistance à plusieurs herbicides, dont le glyphosate. Et, depuis l’introduction des OGM au Brésil, l’usage du désherbant Round Up (à base de glyphosate) a augmenté de presque 80% à cause du nombre croissant de mauvaises herbes résistantes au glyphosate, augmentant ainsi les coûts de production et les impacts environnementaux.
Pour les plantes OGM produisant leur propre insecticide (comme le maïs Bt), un rapport des « Amis de la Terre » conclut que « l’ingestion des pesticides par le consommateur serait nettement plus forte si les plantes génétiquement modifiées devaient se répandre, tant elles en sont imprégnées ».
Enfin, les OGM menacent la sécurité et la souveraineté alimentaire des peuples, comme au Mexique, où, dans les provinces de Oaxaca et de Puebla, 95% des champs de maïs sont contaminés par le maïs OGM. Berceau du maïs, le Mexique compte des dizaines de milliers de variétés de maïs traditionnelles, adaptées aux sols et aux climats, qui sont le fruit du travail de sélection de centaines de générations de paysans. Elles ont toutes les chances de disparaître sous le rouleau compresseur de la machine OGM… Qu’en sera-t-il demain du taro et de l’igname ou du manioc ? Les manipulations de ces espèces ont commencé…
On sait que la culture de patates douces OGM a été initiée aux îles Salomon, et que la culture de papaye et de taro OGM à Hawaï est déjà répandue.
A noter que les productions OGM concernent aussi depuis peu les animaux (saumon et cochon). Alors les OGM tiennent-ils leurs promesses ?
Action !
Le blé OGM, actuellement en phase de test en Australie, n’arrivera pas sur le marché de l’exportation avant 2015. Mais, si l’on veut garder une chance de ne pas le voir débarquer par cargos entiers sur notre île (qui importe 99% de son blé d’Australie) et envahir nos pains, viennoiseries, pizzas et pâtes, il convient dès aujourd’hui de se doter d’une réglementation qui interdise expérimentation ou culture dans nos champs et identifie la présence d’OGM… Et mettons en place une politique de maintien et de développement de l’agriculture traditionnelle, naturelle et de proximité.
Pour UFC-EPLP, la commission OGM
Pétition:
 » Pétition pour une réglementation des OGM en Nouvelle-Calédonie
Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) sont potentiellement dangereux pour l’environnement, la santé humaine, et la santé animale.
Je demande au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de se doter d’une réglementation (contraignante) en matière d’autorisation de cultures, de commercialisation et d’étiquetage des produits OGM, ou à défaut, d’appliquer les réglementations métropolitaines en ces matières. »
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