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Non au charbon

8 arguments pour démontrer que le charbon n'est pas propre et ne peut pas être la solution du futur

1. Tous les gouvernements l'ont désormais reconnu : pour empêcher la déstabilisation définitive du climat, les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser maintenant. Parmi les mesures décisives à prendre dans ce but, le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC, Prix Nobel de la paix en 2007 conjointement avec Al Gore.) préconise l'abandon du charbon (Source : Quatrième rapport du GIEC, Résumé à l'intention des décideurs, 2007).

2. Il ne s'agit pas d'une énergie propre, loin de là. Climat : ce combustible fossile est celui qui émet le plus de dioxyde de carbone (CO2). C'est donc la pire énergie qui soit pour produire de l'électricité. Le charbon produit 1000 grammes de CO2 par kilowattheure, le pétrole 600g, le gaz naturel 400 g, l'hydraulique 4 g et, en moyenne, les énergies renouvelables 30 g.

3. Investir dans le charbon est contraire aux objectifs du protocole de Kyoto et aux engagements du Président Martin lors du dernier Forum du Pacifique de lutter contre le changement climatique notamment pour protéger les îles les plus basses de la région. Les autorités ont le devoir de respecter leurs engagements et l'Etat français, qui a ratifié le protocole de Kyoto, ne peut continuer à soutenir financièrement ces projets par les biais des défiscalisations.

4. Enercal est désormais contrôlé en majorité par la Calédonie ; avec un quasi-monopole pour la production d'électricité, et ses revenus proviendront à l'avenir en majorité des habitants du pays. Dès lors, les autorités ont l'obligation d'assurer la cohérence entre les choix de l'entreprise, la politique en faveur des énergies renouvelables et les intérêts de ses habitants et non uniquement des sociétés minières qui bénéficient déjà de tarifs préférentiels.

5. Les réserves de charbon sont, comme celles du gaz naturel, du pétrole et de l'uranium, limitées. Elles sont estimées à 155 ans (Source : The Future of Coal, B. Kavalov, S.D. Peteves, DG JRC, Institute for Energy, 2007). Contrairement à ce qu'affirment les promoteurs des trois grands projets de centrale à charbon (SLN, Goro Nickel, Koniambo Nickel , ENERCAL) les cours du charbon ne sont pas stables. Ils ont doublé en moins d'un an passant de 89$ la tonne fin 2007 à 200$ en juillet 2008 et pour revenir à plus de 160$ aujourd'hui. Vu le nombre réduit de pays exportateurs et la demande interne de la Chine, certains experts parlent d'ores et déjà d'une pénurie.

6. La technologie charbon serait plus simple, donc plus facile à exploiter sur le territoire  ? A ce jour, les retards successifs de la centrale de Prony Energie et l'absence de toute communication sur une future date de mise en service contredisent cette affirmation.

7. La promotion massive des économies d'électricité et des énergies renouvelables (photovoltaïque intégré aux bâtiments, solaire thermique, biogaz agricole ou issu des déchets, petites centrales hydrauliques) serait un formidable stimulant pour l'économie calédonienne en particulier pour l'emploi, au contraire du charbon exploité en Australie.

8. Le changement climatique est beaucoup plus qu'un simple problème technique, financier ou politique, c'est un problème moral vis-à-vis des générations futures. Notre génération a un rendez-vous avec l'histoire. C'est notre rôle à tous d'être à la hauteur de ce rendez-vous. Après la présentation du 18 sept. à la mairie de Nouméa,  quelques remarques

1/ Aucune alternative au charbon n'a été étudiée sérieusement Dangerosité du terminal gazier ? Cet argument ne tient pas : il en existe des milliers dans le monde, y compris dans le tiers monde ; de plus la Calédonie a la chance de posséder des sites isolés et déjà accessibles depuis la haute mer ( Nouville, Népouy, Prony, bientôt Vavouto…). Aucun effort pour intégrer une partie d'énergies renouvelables : biogaz issus des déchets, éolien, recherche de nouveaux sites pour des micro-centrales hydrauliques… On voit clairement le parti pris : faire le moins cher possible.

2/ des mesures de compensation dérisoires, sans bases de calculs  scientifiques : – Replanter des arbres ? Soyons sérieux : combien de milliers d'hectares de forêts  pour compenser plus d'un million de tonnes par an ? – Panneaux photovoltaîques sur Doniambo ? on aurait pu le saluer en d'autres circonstances mais là c'est une véritable provocation ! Vu ce que produira la nouvelle centrale, ils ne seront probablement pas connectés au réseau. Du pur marketing vert !

3/ Emissions directes dans l'atmosphère, Des capteurs en en ville par  SCALAIR : bonne chose, mais .. Pour assurer la transparence et améliorer le suivi du procédé, des mesures en SORTIES DE CHEMINEES des NOx, SO2, et poussières sont indispensables, pour  évaluer l'importance d'incidents ou accidents.

Extraits du compte rendu de la réunion dans Les Nouvelles du 18/9 La centrale produira 210 mégawatts (MW), contre 140 aujourd'hui. Mais au lieu du fuel (trop cher), la SLN optera pour le charbon. Au passage, elle s'alignera sur les « normes les plus strictes » en matière d'environnement, c'est-à-dire au niveau de ses fumées. La quantité de dioxyde de soufre (pluies acides, asthme) (20000 tonnes en 2008) sera donc divisée par 16, en comparaison avec ce qui se respire actuellement. Celle des oxydes d'azote (maladies respiratoires, effet de serre) diminuera de moitié. Mais la quantité de dioxyde de carbone (principale cause du réchauffement climatique) augmentera : 1,7 millions de tonnes par an, contre 1,2 actuellement (..) « Nous avons pris les meilleures technologies existantes utilisables » pour limiter ce chiffre, promet la SLN. Mais dans la salle, on est sceptique. « Les experts de l'ONU [qui] ont obtenu le prix Nobel avec Al Gore ont préconisé l'arrêt des centrales charbon », rappelle un intervenant. (..) Réponse du directeur de la Centrale : « Le problème du CO2 se pose au niveau mondial, la Nouvelle-Calédonie ne peut pas le régler toute seule. Les gens ont fait un choix, c'est de s'industrialiser. » « C'est ceux qui s'en mettent dans les poches qui ont fait ce choix », râle une responsable associative.

LES REJETS par an Nature – SO2 : Dioxyde de soufre, ingrédient de base des pluies acides, il aggrave aussi les maladies pulmonaires et favorise l'asthme. – NoX : oxydes d'azote formant les nuages brunâtres. Effets : pluies acides, maladies respiratoires et effet de serre. CO2 : Dioxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique mondial. Quantités Doniambo       1,1 millier tonnes SO2 ( 20 en 2008 ) 1,2 m t  NOx ( 2,4 mt ) ; 1,7 Millions t CO2 (1,2 M t). Prony Energies 3,5 milliers tonnes de S02 ; 2,3 m t de NOx  ;  0,95  Millions tonnes de CO2 Koniambo       2 milliers tonnes   S0  ;  2 m t de NOx  ;  2,9 Millions tonnes de CO2 au total 5,5 Millions de tonnes de CO2, soit 22 tonnes par habitant : un record mondial !

Conclusions du communiqué d'EPLP : Pour une autre politique énergétique en Nouvelle-Calédonie L'activité du nickel a aussi un impact global sur l'environnement par la production de CO2 et donc participe au réchauffement climatique et à l'acidification des océans. On a maintenant une idée des conséquences qu'auront ces phénomènes en Nouvelle-Calédonie  : élévation de la température moyenne ; sécheresses accrues ; élévation du niveau de la mer, effets sur le littoral et les îles basses, Ouvéa notamment… Et quelles conséquences sur l'agriculture, les écosystèmes, les récifs,… ? Les constats qui précèdent nous conduisent à demander que : . La Nouvelle-Calédonie s'engage dès à présent dans un processus de sortie progressive (40 ans) de l'économie fondée sur le nickel ; Cette période et les bénéfices tirés de l'activité du nickel soient mis à profit pour développer une économie (industrie de transformation locale, tourisme local, agriculture, sylviculture, recyclage des déchets,…) et une production énergétique alternatives, . La Nouvelle-Calédonie se dote d'un véritable plan de maîtrise de la consommation d'énergie et de dévelop- pement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, géothermie,…) . Des mesures incitatives (tarif de rachat du kwh, subventions, prêts à taux réduit,…) soient adoptées afin de permettre à tout un chacun de produire sa propre électricité, . Les industriels compensent le CO2 qu'ils émettent.

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