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Surveillance de la qualité des denrées alimentaires d’origine animale

COMMUNIQUE DE PRESSE EPLP DU 13 OCTOBRE 2014

Objet : surveillance de la qualité des denrées alimentaires d’origine animale, alerte « viandes hormonées »

Le 10 juin 2014, EPLP communiquait auprès du grand public sur la qualité des denrées animales produites en Nouvelle-Calédonie à partir des résultats bruts des plans de contrôle et de surveillance (PCS) desdites denrées, plans établis (parfois très mal !) et conduits (souvent très très mal !) par la DAVAR.

L’analyse que nous avions faite alors (nous écrivions : « Si l’on se fie à ces résultats de 2013, alors, 3 fois sur 4 nous mangeons du bœuf local aux hormones !!!! ») a conduit à une levée de boucliers de la part du service précédemment cité (réputé « responsable » de la qualité sanitaire de nos aliments) et de la profession agricole (CANC, syndicats d’éleveurs…) : « EPLP ne sait pas lire », « EPLP crucifie la profession sans raison valable » etc.

Parce que les données fournies à EPLP n’étaient pas des données brutes de laboratoire (au rebours de sa demande de communication), mais des compilations, EPLP, prête à faire amende honorable (mais oui, NOUS en sommes capables au contraire de tant d’autres…), a alors renouvelé sa demande de communication des résultats bruts de laboratoire, ainsi que des pièces du LABERCA (laboratoire européen) s’y rapportant.

Du temps, beaucoup de temps a passé… Il a fallu relancer, demander encore de nouveaux compléments… Nous avons finalement reçu des liasses de documents que nous avons étudiés. Ils nous ont permis de découvrir de scandaleuses pratiques (une femelle sur deux abattues est gestante…) mais ils n’ont, et nous le déplorons, pas permis après 4 mois d’attente ( ! ) de lever le doute concernant la présence d’hormones synthétiques dans certains de nos produits d’élevage.

Sans doute parce que c’est IMPOSSIBLE !

En effet, on note que certains des animaux testés positifs aux hormones n’ont pas été négativés par la science parce que la DAVAR s’est abstenue d’enquêterC’est fort dommage !

Nous rappelons ci-après quelques faits marquants nous ayant permis de mettre en cause résultats et portée des PSC menés

Les PSC sont, pour la Nouvelle-Calédonie, une obligation en tant que pays tiers vis à vis de l’Europe compte tenu des denrées qu’elle  y exporte (anciennement boeuf, mais surtout cerf d’élevage, poissons et crevettes).

Cependant, et comme le rappelle l’UE dans ses règles précises d’échantillonnage, chaque pays exportateur en UE DOIT EGALEMENT S’APPLIQUER les mêmes méthodes d’échantillonnage et de contrôle vis à vis des denrées à destination de son marché local, ce que la Nouvelle-Calédonie ne fait pas…

Outre les non conformités des résultats, nous avions relevé des NON CONFORMITES DE METHODOLOGIE.

Les tailles d’échantillons sont à peu près conformes aux directives européennes s’agissant des denrées qui sont exportées vers l’UE.

En revanche, et compte tenu des règles édictées dans le règlement dédié, et de la catégorie 3 à laquelle la NC semble se conformer dans ledit règlement, c’est 0,4% du cheptel BOVIN abattu qui doit constituer l’échantillon, soit environ 70 animaux à tester (depuis 2011 au moins, taille du cheptel abattu en moyenne= 17 000 individus) selon un taux de 51% en analyses de produits de catégorie A ( anabolisants et autres substances interdites)  et 49% en analyses de catégorie B (antibiotiques, anti helmintiques etc.).

Cela n’apparait pas être la taille des échantillons utilisés…

PAR AILLEURS, les échantillons étant prélevés quasiment exclusivement dans les abattoirs de l’OCEF (au détriment des analyses prescrites par l’UE à la ferme, d’eau de boisson, d’aliments, au moins pour les substances interdites) la filière TUERIES PARTICULIERES échappe totalement aux plans de contrôles (produits vétérinaires –ex. ivermectine- et hormones) tant pour les porcs que pour les bovins.

Des éleveurs malhonnêtes qui y font abattre leur cheptel ont donc une parfaite assurance d’impunité

S’agissant des crevettes, les analyses sont réalisées, à notre connaissance, à partir des échantillons frais prélevés dans les usines, pendant que les crevettes vendues en direct à la ferme aux consommateurs ou aux surfaces commerciales, échappent à tout PC PS.

Jusqu’en 2012, ni les oeufs, ni la filière volaille chair ne sont examinés, et quand ils le sont enfin en 2012, c’est en dépit de toutes les règles d’échantillonnage (la règle étant qu’un échantillon comporte au minimum 12 oeufs, et qu’il faut un minimum d’un échantillon pour 1 000 tonnes produites avec également 200 échantillons au minimum).

Pour la viande de poulet, qui est majoritairement importée, les analyses sont insuffisantes au regard des plus de 8 000 tonnes issues de pays hors UE.

EN conclusion, la NC ne vise à préserver « dans les règles » que le consommateur européen, mais pas le consommateur calédonien.

Etant donné le niveau toujours croissant des importations de produits carnés et agricoles, quels PSC sont-ils prévus pour les filières import ?

Nous maintenons donc notre affirmation que la salubrité de nos aliments, qu’ils soient d’origine végétale ou animale, locaux ou importés, ne fait pas l’objet de l’attention et de la rigueur que les consommateurs calédoniens sont en droit d’attendre de la part du service compétent et de sa direction.

   Pour EPLP, la Présidente,    

Martine Cornaille

EPLP remercie le Dr Caroline Kojfer pour son aide précieuse dans ce dossier.

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