Les articles...

Hold up!

Hold up !

La SLN nous enfume déjà…    

Au CLI (Comité Local d’Information) ou à grands renforts de portes ouvertes et de communication tous azimuts (gratuite ou payante mais TOUJOURS NON SINCERE avec des omissions ou des circonvolutions d’à propos !), la SLN tente de nous convaincre, qu’avec la « nouvelle centrale électrique à charbon», elle agit pour le bien de tous, en commençant d’ailleurs par le sien propre et celui de ses clients.

Décryptage…

La SLN indique que son choix a été confirmé par des experts « indépendants »… Rappelons qu’ils étaient fonctionnaires mandatés par l’Etat qui les emploie lequel est aussi actionnaire d’Eramet. En matière d’indépendance, on peut faire beaucoup mieux !

Nous observons que ladite mission n’incluait ni expert du CLIMAT ni expert de la VIE. Cela ne s’appelle-t-il pas piper les dés ?

EPLP redit son opposition absolue à une « solution (!) » 100% charbon et déplore que sa demande du 2 décembre 2012 de communication des études de faisabilité des solutions alternatives n’ait pas obtenu de suite (voir courrier en PJ).

EPLP déduit de ce fâcheux silence que :

la SLN refuse la transparence et/ou

la SLN n’a pas réalisé les études en question et est donc bien en peine de les communiquer à quiconque. Si elle l’a fait avec l’exhaustivité et le sérieux que la situation mérite, alors nul doute qu’elle les communiquera a minima à la province sud qui ne manquera évidemment pas de les joindre aux documents d’enquête publique…

NB : 1) nous avons renouvelé cette demande auprès de SLN et la présidence de la PSUd ce 4 décembre.

2) nous avons complété ce matin cette demande avec la communication de toutes les études ayant trait à des aspects sanitaires et/ou environnementaux commandées par l’industriel dans le cadre de la préparation du remplacement de sa centrale électrique de Doniambo.

La SLN « investit pour 40 ans » (et avec au moins 10 ans de retard !), mais elle a préféré, plutôt que d’anticiper en mettant de côté de quoi financer cet équipement, distribuer ses bénéfices aux actionnaires, pour un total d’un peu plus de 111 milliards de CFP entre 2008 et 2013 dont près de 70 % à des acteurs hors territoire (la STCPI n’a perçu QUE 34 milliards)… Le coût de la centrale est aujourd’hui estimé à 100 milliards FCFP hors taxe (NB : la mission d’expertise écrivait 65 milliards de CFP soit aujourd’hui un surcoût de 54 % ! En matière de chiffrage financier, y aurait-il aussi « expert » et « expert » ?).

La SLN est déjà à la manœuvre pour que la Nouvelle-Calédonie lui accorde (nous  avons été auditionnés par la commission des finances du Congrès le mardi 28 octobre 2014 à 8 h 30 et par Mr Germain le 18 novembre pour dire notre opposition à l’octroi d’aides financières publiques à un équipement 100% charbon) :

l’exonération de taxe d’importation pour les produits importés nécessaires à la construction de la centrale, pour un montant d’environ 20 milliards de CFP

la défiscalisation de la centrale, pour un montant de l’ordre de 9 milliards de CFP sur 10 ans (sans préjuger de l’avantage de même nature possiblement accordé par l’Etat estimé à 25 milliards…*). La SLN indique qu’il y a un « vide juridique à combler ». Mais s’agissant d’un projet qui n’est ni une extension ni une création d’usine métallurgique, et en l’état actuel du droit, la centrale C ne peut être admise au crédit d’impôt calédonien (défiscalisation locale). Nous répondons qu’il n’y a évidemment pas de vide juridique, la SLN demande ni plus moins à la NC de changer sa loi pour être bénéficiaire d’un nouvel avantage.

AU TOTAL CE SONT DONC 54 MILLIARDS D’ARGENT PUBLIC QUI SERAIENT DEVOLUS A LA CONSTRUCTION D’UNE CENTRALE A CHARBON D’UN AUTRE SIECLE !!!!

Ces aides publiques représenteraient donc près de 50 % de l’investissement !

Qui peut être d’accord avec cette gabégie ?

Il faut mettre fin aux aides climaticides !

Nous faisons remarquer que le reste de l’investissement évalué à 66 milliards (120 – 54) sera « récupéré » par SLN en 2 ans environ (gain de « cash cost » de plus de 2 dollars par  livre soit 2 x 47 000 T x 1 million grammes / 453 g = 207 millions dollars = 20 milliards CFP auxquels on peut ajouter la fin des pertes actuelles liées à la centrale fuel: 15 milliards annuels  -?-, total récupéré de 35 milliards / an…) !

Qui peut raisonnablement exiger qu’un tel investissement soit rentabilisé en 3 ans ?!

HALLUCINANTE COMPTABILITE !

Bref, la métropole comme la Nouvelle-Calédonie ont-elles les moyens de faire ces somptuaires cadeaux à l’industriel ?

Cet équipement n’est pas « un pas de géant dans l’amélioration de la qualité de l’air » : si les émissions en dioxyde de soufre vont certes baisser (ce qu’elles auraient dû faire depuis longtemps si les pouvoirs publics avaient exigé de l’industriel qu’il équipe la centrale actuelle d’un système de filtration et qu’il utilise un fuel à très basse teneur en soufre) les émissions de poussières par l’ensemble du site industriel ne seront que très peu réduites. En effet, seule une partie des poussières émises est canalisée : plus de 900 tonnes de poussières sont émises par an de façon diffuse (non canalisée) sur le site et n’apparaissent dans aucun « bilan »… Rappelons que jusqu’à présent, aucune analyse n’est faite sur la composition, la forme et le comportement de ces poussières et en particulier des plus fines (PM 2.5). Diviser par 10 les 10 % de poussières liées aux émissions de la centrale ne changera donc absolument pas la situation au regard des poussières de Doniambo : plus de 90 % d’entre elles continueront d’être émises sans changement…

La SLN indique que la centrale sera en conformité avec la règlementation métropolitaine d’août 2013 et calédonienne de juin 2014 en matière de rejets atmosphériques. Or la règlementation métropolitaine, en application des directives européennes, est amenée à évoluer vers des normes plus sévères : la SLN fera-t-elle volontairement l’effort d’adapter son équipement ? Les pouvoirs publics l’y obligeront-elle ? Suspense…

Quant à la Nouvelle-Calédonie, elle ne dispose toujours pas de loi sur l’air

La communication sur les émissions de CO2 et leur « compensation » est volontairement floue : la SLN ne mentionne pas le global de ses émissions de CO2 malgré notre demande expresse formulée lors du CLI SLN du 2 avril 2013 consacré à la centrale Doniambo… Cela semble être une donnée extrêmement gênante ! La SLN indique cependant que la nouvelle centrale « émettra un peu moins que la centrale actuelle à production égale » mais justement la puissance ne sera pas égale (!),  qu’ « avec la dégradation progressive de son rendement, elle pourrait émettre légèrement plus de CO2. », et que la SLN « compenserait… la légère augmentation », et enfin que « la restitution de Yaté à la distribution publique améliorera son bilan carbone ». Or :

la future centrale charbon est prévue à 180 MW au lieu des 160 MW actuels ; elle émettra donc de fait et au minimum 34% de CO2 en plus (donnée SLN)

pourquoi la SLN ne compenserait-elle que la différence avec ses émissions actuelles et non l’ensemble de ses émissions de CO2 ? Continuera-t-elle longtemps à s’octroyer unilatéralement un droit à polluer ? La « référence » choisie n’est pas neutre et elle ne peut être laissée à la seule appréciation de l’industriel.

la « restitution » de Yaté à la distribution publique ne changera RIEN au DESASTREUX BILAN CARBONE DE LA  NOUVELLE-CALEDONIE NI A SA FORMIDABLE ET TRES DANGEREUSE DEPENDANCE ENERGETIQUE MAIS UNE CENTRALE EXCLUSIVEMENT CHARBON AGGRAVERAIT ENCORE LE CAS CALEDONIEN DU FAIT DE LA SLN !  Que de manipulations !

La combustion de charbon conduit à l’émission de polluants très toxiques dont la SLN ne parle pas, tel le mercure. Est-ce la SLN qui rendra des comptes aux pêcheurs auxquels serait interdite la commercialisation  des grands pélagiques en raison de leur niveau inacceptable de contamination par ce métal ?

Le devenir des cendres n’est pas résolu : rien ne permet d’affirmer que les cendres pourront être valorisées. D’une part seules 30% des cendres seraient concernées. D’autre part l’expérience malheureuse de Tokuyama (ex-Holcim) qui a investi 650 millions de CFP pour la valorisation des cendres de Prony, projet finalement abandonné, devrait inciter à la méfiance. Il faudra attendre la mise en production pour « connaître le verdict ». D’ailleurs, l’industriel envisage le stockage pur et simple de la totalité des cendres… soit 56 000 tonnes de cendres par an, mélangées au 1,5 million de tonnes de scories déposées sur le site même de Doniambo.

Quand la SLN répète ENCORE (et malgré nos dénégations depuis 2 ans !) que les énergies renouvelables sont intermittentes, cela démontre de façon éclatante qu’elle ne sait pas de quoi elle parle et/ou qu’elle n’est QUE dans de la « com »…

Etc.

A l’heure où on assiste en NC à la mise en place controversée de la CCS qui pénalisera ENCORE les revenus du travail, les environnementalistes s’époumonent toujours à dire que ce n’est pas le travail qu’il faut imposer mais les consommations de Nature et les pollutions. Aujourd’hui la NC ne dispose d’aucune FISCALITE CARBONE, la redevance d’extraction est encore dans les cartons, le fonds nickel sans ressource…

NB : la conférence économique et sociale s’est tenue sans nous faute d’avoir été invités ! A croire que nous ne sommes pas fréquentables…

Conclusion :

en l’absence de preuve formelle de réalisation d’études sérieuses des alternatives incluant tout ou partie d’énergie renouvelable, nous demeurons opposés à ce projet de centrale C d’un autre siècle. Bien que la lutte soit particulièrement inégale, elle est juste. Aussi EPLP continuera de mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour faire valoir ses vues (alertes locales, nationales et internationales, procédures juridiques etc.).

EPLP déclare fermement que les aides financières publiques ne peuvent concerner que des équipements respectueux de la biodiversité et de l’équilibre climatique.

EPLP estime que la NC doit rechercher au plus vite d’autres voies de financement de son développement que la taxation du travail au travers d’une fiscalité écologique moderne.

EPLP demande aux Calédoniens de résister au diktat de la cigale industrielle impécunieuse.

EPLP propose aux instances calédoniennes de réunir la première conférence environnementale du pays.

Et  viva  « notre »  très  chère  SLN *** !

Pour EPLP, la Présidente,

                Martine Cornaille

*   EPLP a obtenu d’être auditionné par un membre du cabinet de la ministre de l’Outre-Mer lors de la visite présidentielle des 16 et 17 novembre  derniers. Le sujet de la centrale SLN (choix des sources de chaleur et financement) a été le premier point mis à l’ordre du jour de la rencontre. Les échanges de courriers avec le MEDDE et le ministère des finances de l’hexagone se poursuivent. Mais l’engagement de Mr Hollande de mettre fin aux aides financières publiques françaises au charbon pour les pays en développement d’ici 2016 / 2017 permettra de laisser « filer » la défiscalisation métropolitaine (cf discours d’ouverture de la conférence environnementale des 27 et 28 novembre derniers).

Ce qui vaudra pour les pays tiers ne vaut pas pour une part du territoire NATIONAL !

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Mr Hollande** serait-il un Tartuffe ?!

** le même qui veut promouvoir la démocratie participative et par ailleurs autoproclamé co-leader mondial de la lutte contre le changement climatique avec Barak Obama…

L’exemple du mensonge vient de haut ! Pourquoi donc ne se généraliserait-il pas ?!

***  Extrait de sa présentation CLI du 3 décembre 2014 page synthèse : « Ce projet contribuera fortement à l’économie de la NC et à l’équilibre de ses finances publiques ».

Il fallait OSER, la SLN l’a fait !

Décidément, le ridicule ne tue plus !

1
  Articles connexes
  • No related posts found.

Commentaires

  1. CRESSARD  mai 1, 2015

    Le ridicule ne tue pas plus ici qu’ailleurs : un usine de + de 100 années, aux coûts de fonctionnements qui la pénalise car comme vous le soulignez, personne n’a anticipé. Elle perd de l’argent (comme les 2 autres usines, celle du nord qui « explose  » et celle du sud qui  » fuit ). Le remplacement de la centrale SLN est ce qu’on peut qualifier de demi -mesure, qui plus est néfaste pour la santé de nos ENFANTS et PETITS -ENFANTS . Si investissement il doit y avoir, au regard de la formidable manne que constitue le nickel pour le pays, il faut peut – être une unique usine, correctement « dimensionnée  » au lieu de projets concurrents , mal abouti. Une étude prospective doit être réclamée et j’ai trouvé sur le site d’EPLP que vous demandiez depuis longtemps la réalisation d’un bilan général, socio-économique, environnemental, sanitaire, sociétal, de l’exploitation minière passée pour réflexion sur « doctrine » d’avenir en matière de mine et de métallurgie en NC et SA MISE EN DEBAT PUBLIC.

    répondre

Ajouter un commentaire