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Bien-être animal

Le 13 août 2014, à la veille de l’édition 2014 de la foire de Bourail,  EPLP lançait une alerte au bien-être animal (BEA) et dénonçait notamment le piteux spectacle du marquage au fer rouge du bétail (lequel est, rappelons-le, une brûlure au 3ième degré et désormais inutile).

4 mois après, on assiste à une opération de communication d’envergure de la part du membre du gouvernement en charge de l’agriculture (qui n’hésite d’ailleurs pas à mettre en scène une jeune femme innocente, sans doute pour servir sa propre popularité…) et relative au BEA.

Par la grâce de Mme Backès ce sont donc 13 millions de francs CFP d’argent public qui ont été « débloqués » pour payer des stérilisations de chiens et de chats *. Décidément, Mme Backès devient spécialiste du « déblocage » d’argent public ! Quel coûteux tourbillon !


NB : Si la DAVAR ne méconnaît évidemment pas les surpopulations animales canines et félines en Nouvelle-Calédonie (on observe notamment de nombreux chiens errants, en meute d’une cinquantaine d’individus sur certaines propriétés de VKP), elle ne les « gère » habituellement pas, parce qu’aucun risque de «santé publique»  n’est lié à ces surpopulations (pas de rage canine en Nouvelle-Calédonie, pas de leishmaniose épidémique…).


Cependant et ce faisant, la DAVAR ignore la bonne santé et le bien être de ces animaux.

S’agissant d’argent public, nous insistons : comment évaluer l’efficacité de cette  « politique » de gestion de populations canines quand on ne sait pas, par exemple, de combien d’animaux errants l’on parle ????

Une thèse vétérinaire encadrée par Mr PETITCLERC (récemment missionné auditeur de la DAVAR **) et Mme CAMPOS (actuelle directrice du SIVAP **) fait état des réels investissements à consentir pour initier une gestion convenable d’une population errante. Il y est question de plusieurs millions d’euros, incluant,  entre autres investissements, la construction de refuges, refuges dont la NC dispose mais qui sont largement insuffisants compte tenu du désert dès que l’on dépasse le péage…


On y lit aussi que toute politique de gestion doit passer par l’évaluation rigoureuse, selon les préconisations de grands organismes internationaux (ex. OIE), des populations errantes par des personnes formées et qui ne feraient que cela pendant plusieurs mois avant toute action de stérilisation…

Nous attendons donc que soit démontrée la réelle efficacité d’un tel  » one shot » sans vision prospective et sans calendrier à 5 ans ou 10 ans… Un coup d’épée dans l’eau ? Nous le craignons… ****

Mais passons, pour nous l’essentiel n’est pas vraiment là.

En effet, en se focalisant sur les seuls animaux de compagnie (chiens et chats), c’est l’énorme masse des animaux de rente (bovins, porcins, ovins particulièrement), qui est laissée pour compte. Et cela n’est sans doute pas un hasard…

En effet, la DAVAR peine à finaliser une réglementation (rédigée voici 4 ans…) limitant et encadrant les actes vétérinaires réalisables par des non vétérinaires (c’est-à-dire les éleveurs) et concernant justement les mutilations effectuées sans analgésie ni anesthésie, ni limite d’âge (castration, écornage, coupe de queue, de dents, de becs, marquage au fer rouge etc.) que nous dénoncions en août dernier … Et pour cause, il faut continuer à caresser les éleveurs dans le sens du poil qu’ils ont très raide n’est-ce pas…

C’est LA grosse pierre d’achoppement. Mais une élue peut-elle « embêter » les éleveurs…? Hélas, Mme Backès est une politicienne comme les autres. Elle va à la pêche aux voix « au plus simple et plus porteur »…

Or encore bien plus que nous les animaux d’élevage souffrent du stress, des mauvaises conditions d’hygiène, d’une alimentation industrielle, de logements ou de transports inadaptés ; de façon autoritaire encore (personne, jamais, ne leur demande leur avis sur quoi que ce soit !), ils sont mutilés sans anesthésie, et subissent des traitements ayant de surcroît des effets secondaires problématiques pour la santé humaine et l’environnement …

« Une société se juge au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres ». Mme Backès, quelle est votre position quant au bien-être des animaux de rente ?

   Pour EPLP, la Présidente,

         Martine Cornaille

*  et combien pour payer la communication gouvernementale ?

** sur les liens unissant ces personnes, voir « Le Chien Bleu » numéro de décembre 2014

*** quid de la solution d’un emploi à plein temps d’un vétérinaire, missionné par la DAVAR pour opérer dans les refuges et qui irait stériliser les animaux dans les endroits reculés de l’île, car s’il est sans doute bien d’intervenir, il est sans conteste mieux de le faire « en continu et en intensif » avec une logistique très facilitante pour les propriétaires indigents.

Où est votre « stratégie » Mme CAMPOS ? Qu’avez-vous donc conseillé à Mme Backès ?

**** le gouvernement a-t-il porté plainte contre le Port autonome ayant fait procéder à un empoisonnement massif d’oiseaux ? Evidemment pas… NB : et pendant ce temps, la Suisse reconnaît la souffrance des poissons et fait des recommandations aux pêcheurs !

Nous remercions notre référente vétérinaire, Mme C. Kojfer, pour le concours qu’elle nous apporte.

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