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COMMUNIQUE DE PRESSE DU 25 MARS 2015

 Objet : épandages malathion / LAV

Depuis 2007, EPLP sensibilise les pouvoirs publics aux effets néfastes, sanitaires et environnementaux, des épandages d’insecticides dans le cadre de la LAV (lutte anti-vectorielle). En vain ou presque…

Après 7 ans d’explications et de patience, EPLP s’est résigné à présenter voici quelques mois deux requêtes au Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie pour demander au juge d’annuler le refus implicite du gouvernement et de la mairie de Nouméa d’interdire les épandages de malathion.

Ces recours ont été audiencés le jeudi 12 mars dernier et le jugement devrait être rendu demain jeudi 26 mars 2015.

Le 12 mars, les conclusions du rapporteur public allaient dans le sens du rejet de nos requêtes et ce, bien que nous ayons indiqué que de TOUS les territoires ultramarins français (Martinique, Guadeloupe, Réunion, Mayotte, Polynésie -la Guyane avait obtenu une dérogation très controversée de 180 jours), SEULE la NC autorisait les épandages de cette substance classée selon nos sources comme étant parmi les plus toxiques qui soient (statut de PAN BAD ACTOR) et ce, alors même que tous ces territoires sont exposés aux mêmes risques en matière d’arboviroses (dengue, zika, chikungunya). En conséquence, nous demandions une étude bénéfice-risque CALÉDONIENNE à même de démontrer que la situation prévalant dans notre pays justifiait cet usage « hors norme ».

A l’appui de notre demande, nous rappelions aussi que le malathion n’a pas d’autorisation biocide en Union européenne et que l’hexagone réserve ses usages agricoles à des lieux CLOS (vans de transport d’animaux et silos de stockage de grains) avec des délais de ré entrée de 24 à 48 heures pendant que la NC autorise son usage en zone URBAINE !

 

Compte tenu de la récente déclaration de l’IARC (agence du cancer issue de l’OMS) de classer le malathion en catégorie 2A soit « cancérogène probable », notre conseil, Maître Charlier a déposé hier une note en délibéré au tribunal administratif. En effet, nous espérons que dans ce contexte, le juge ré ouvrira le dossier et/ou ne donnera pas suite favorable aux conclusions du rapporteur public.

 

A défaut, EPLP se pourvoira en appel (sauf à ce que la NC prenne les mesures nécessaires et ne défende plus l’indéfendable…).

 

Nous ne manquerons pas de vous faire part de la décision du juge demain.

 

Pour EPLP, la Présidente,

 

Martine Cornaille

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Commentaires

  1. Agro  mars 26, 2015

    Bonjour,

    je suis l’auteur de la note technique servant d’argumentaire pour le Collectif Stop Malathion en Guyane, reprise par le site Guyaweb. J’observe votre combat avec sympathie, connaissant sa justesse et les enjeux.

    Votre affaire ne peut être jugée par un tribunal administratif. Les juges n’ont aucune compétence à évaluer la situation et sont encore plus dépourvus que les promoteurs du malathion. Dès lors, ils pencheront automatiquement en faveur de l’administration, tout doute lui étant favorable (à moins que le récent revirement de la ministre de la Santé ne les inspire…)

    En tout état de cause, je me permets de vous recommander les conclusions de la note citée. Vous devriez donc avancer l’inutilité de tout traitement aérien dans un milieu tropical ou subtropical. Vous devez aussi savoir qu’il n’est pas vrai, comme cela se dit en Guyane à présent, qu’à défaut de malathion nous serions  » dans l’impasse » en matière de lutte chimique. Si vos décideurs ne veulant absolument pas se démordre de la lutte chimique, je peux vous garantir qu’il existe d’autre insecticide, bien moins nocif que le malathion. Bien sûr, il faudrait passer par dérogation comme toujours, mais tant passer par une dérogation, qu’elle ne soit pas pour une bêtise vénéneuse…

    Cordialement

    Gyurenka, Zoltan

    répondre
    • Martine Cornaille  avril 25, 2015

      Bonjour,

      Merci de votre message et de votre soutien.

      En NC, il n’y a malheureusement pas de dérogation à obtenir: le territoire étant largement autonome, il est SEUL compétent pour autoriser ou pas tel ou tel biocide.
      Pouvez-vous m’envoyer votre note à matine.cornaille@gmail.com ?

      Merci et cordialement,
      Martine Cornaille

      répondre
  2. Romain  mars 27, 2015

    Bonjour,
    Je me demandais dans cette affaire, pourquoi s’acharne t-on avec le Malathion ? Y a t-il des personnes haut placées avec un fort intérêt que cette substance soit épandu de la sorte ? Qui importe et vend le Malathion en Calédonie ? En général il faut chercher l’intérêt financier qu’on une certaine minorité pour justifier de continuer de telles pratiques de luttes archaïques

    répondre
    • Agro  avril 5, 2015

      Bonjour

      je ne suis pas sûr de l’intérêt financer, ce produit est peu onéreux. C’est plutôt une difficulté de culture, la difficulté d’accepter les risques et vivre avec.
      Il est par ailleurs tout à fait faux qu’il n’existe aucun autre insecticide efficace.
      La décision du tribunal était prévisible, l’appréciation des risques étant obligatoirement faussée et ce n’est pas la faute du tribunal.
      Bonne chance pour la suite et veillez à vos enfants.

      répondre
  3. Jean Grivy  avril 5, 2015

    Vous savez pourquoi le tribunal a donné raison à la mairie de Nouméa et au gouvernement ? Parce qu’il ne reste plus que le malathion pour lutter contre les moustiques! Et la faute à qui? La faute au gouvernement qu’a fermé l’importation des insecticides pendant des années pour protéger un producteur local au point que nos moustiques sont devenus résistants .à la deltaméthrine!

    répondre

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