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Annexe Le maquis minier

Définition

Le maquis minier désigne toutes les formations végétales sur roches ultramafiques (péridotites et serpentinites) qui n’appartiennent pas aux forêts denses. Dans la pratique, on retiendra le terme de « terrains miniers» qui désigne la latérite rouge (en surface, riche en fer).

Il s’agit de formations héliophiles à feuilles coriaces et persistantes, arbustives à buissonnantes, ou encore ligno-herbacées (à base de cypéracées et non de graminées).

Localisation

La superficie occupée par le maquis minier est estimée à 4500 km2, soit près de 25 % du Territoire.

On le rencontre dans les situations les plus variées, du bord de mer aux plus hauts sommets tant sur la côte Ouest que sur la côte Est, ainsi que dans plusieurs îles (Yandé, Bélep, Baaba, Ile des Pins…) indépendamment des conditions climatiques (de 800 à 4 000 millimètres de pluviométrie).

Conditions édaphiques (sol)

Il occupe des sols très particuliers et très sélectifs à plusieurs égards :

* dépourvus (tout ou partie) de complexe argilo-humique indispensable à la plante ;

* très carencés en éléments majeurs N, P, K et Ca, à l’exception du Mg parfois en excès (cas des sols bruns hypermagnésiens) ;

* riches en métaux potentiellement phytotoxiques (Ni, Mn, Cr, Fe, Mg).

Les conditions de sol particulières sont la principale cause du faible dynamisme des maquis miniers (croissance lente). Ces conditions extrêmes offrent par ailleurs un rempart efficace contre l’envahissement des espèces pantropicales exogènes et protègent des espèces vulnérables ou rares (contre l’étouffement.) de la compétition interspécifique.

Diversité du maquis minier

Le maquis minier présente de nombreux aspects et varie beaucoup dans sa composition.

Il peut présenter tous les stades de transition entre la forêt …et le sol nu, ou presque.

On distingue schématiquement des maquis ligno-herbacés, buissonnants, arbustifs et certain dominés par une strate arborescente aérée d’essences diverses : bois de fer de maquis, araucaria, kaori de montagne ou chêne gomme.

Le maquis à dominante herbacée couvre bien le sol tandis que s’il est à dominante ligneuse le sol nu apparaît plus ou moins.

Selon sa hauteur et sa densité on peut le qualifier de dense, clair, bas, etc. Il est souvent utile de se renseigner sur sa nature par des données phytosociologiques (essences dominantes associées).

Il peut aussi être associé et imbriqué dans les milieux humides, et souvent la séparation n’est pas très aisée à distinguer sur le terrain. C’est souvent le cas dans la Plaine des Lacs, par exemple.

Selon son état, il peut présenter des niveaux de diversité variables, de très riche à très dégradé (la dégradation étant le plus souvent imputable aux feux). La diversité floristique varie aussi en fonction du sol, de l’altitude, et de la région (certaines espèces présentes dans le nord sont absentes dans le sud, et inversement).

Origine

Tous les maquis sont secondaires, ils proviennent à plus de 90 % de la destruction de la forêt et à moins de 10 % de la secondarisation de maquis initiaux dont les reliques très modifiées se trouvent encore à basse altitude en zone sèche et à haute altitude sur des crêtes exposées.

La flore du maquis minier

La flore du maquis minier compte 1 140 espèces de végétaux vasculaires (ou plantes supérieures), dont 1 020 sont endémiques. Elles se répartissent en 330 genres dont 63 endémiques et une centaine de familles. C’est le milieu qui présente le degré d’endémicité le plus élevé (90 %) et ne rassemble pas moins d’un tiers des espèces du Territoire.

A cet égard, mais aussi par sa présence originale, voire unique au monde dans le paysage, il peut être considéré comme l’une des pièces maîtresses incontournable de la richesse et de l’originalité de la flore néo-calédonienne.

Parmi les familles les plus caractéristiques, on observe la présence des familles les mieux représentées dans la flore locale :

* Myrtacées (plus de 100 espèces)

* Rubiacées

* Euphorbiacées

* Apocynacées (plus de 50 espèces)

* Orchidées (40 espèces).

Ainsi que quelques familles moins riches mais dont la majorité des espèces sont dans le maquis ; Cunoniacées (genres Codia, Pancheria, Cunonia), Dilléniacées (genre Hibbertia), Ericacées (genres Dracophyllum, Styphelia), Protéacées (genres Grevillea, Stenocarpus, Garniera)…

Problématiques

Les maquis et forêts sur terrain minier figurent parmi les types de végétation les plus précieux mais aussi les plus menacés actuellement.

Ce substrat contient des minerais (nickel, cobalt…) qui connaissent une exploitation de plus en plus soutenue.

La Nouvelle-Calédonie est, faut-il le rappeler, l’un des plus grands producteurs mondiaux de nickel. L’exploitation de ces minerais se fait à ciel ouvert et implique une « mise à blanc » à large échelle ou, ce qui revient au même, l’enfouissement de forêts primaires de thalwegs par les « stériles ».

Avec la demande boulimique de l’Asie (Chine et Inde en particulier), les cours de ces métaux est appelé à augmenter considérablement, ce qui va induire un élan sans précédent de l’activité minière avec le doublement prévu de la production d’ERAMET-SLN et la mise sur pied des usine du sud et du nord.

Le maquis minier figure parmi les milieux les plus vulnérables aux feux. Le feuillage des plantes qui le composent, scléreux, pauvre en eau, parfois riche en essences (Araliacées, Conifères, etc.) est très inflammable. Chaque année, des milliers d’hectares de maquis minier disparaissent en fumée.

En matière de conservation, il n’existe qu’une zone protégée (forêt de Nodela) dans les massifs isolés de la Côte Ouest. Ces massifs possèdent à leur base plusieurs types de maquis très originaux sur sols bruns hypermagnésiens.

Ils possèdent aussi à différentes altitudes plusieurs groupements végétaux très caractéristiques, dominés suivant les cas par différentes espèces du genre Araucaria.

Il n’existe aucune réserve botanique sur les massifs miniers de la Province Nord.

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