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Annexe l’Energie

Les éléments ci-dessous sont extraits du « Bilan économique et social 2005 » de l’ISEE.

Bilan énergétique et dépendance énergétique de la Nouvelle-Calédonie

« En 2005, la production électrique connaît une forte hausse liée à la croissance de l’activité métallurgique. Essentiellement d’origine thermique, cette augmentation alourdit le bilan énergétique de la Nouvelle-Calédonie. »

Le bilan énergétique de la Nouvelle-Calédonie fait apparaître une production locale d’énergie primaire de 30, 6 milliers de tonnes- équivalent pétrole (tep) et des importations de 841, 4 milliers de tep.

Les importations énergétiques, en hausse annuelle de 3, 4%, se répartissent en 2005 en 83, 9 % de produits pétroliers, 15, 1 % de charbon et 1, 1 % de gaz butane.

La production énergétique primaire de la Nouvelle-Calédonie est presque totalement constituée d’énergie électrique d’origine hydraulique (95, 1 %), les productions éoliennes et solaires étant encore faibles malgré une nette augmentation de la puissance installée au cours des dix dernières années. Malgré le développement des installations éoliennes, la dépendance énergétique de la Nouvelle-Calédonie devrait fortement s’accentuer dans les années à venir, avec d’une part la mise en service de la centrale thermique de Prony et d’autre part, la croissance des unités déjà existantes comme la centrale de Doniambo qui va devoir fournir plus pour répondre aux nouveaux objectifs de production de l’usine.

Bilan énergétique de la Nouvelle-Calédonie : (tableau 1)

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Production primaire (1)

33 695

30 909

34 024

40 404

38 461

32 013

28 479

27 889

28 999

30 590

Importations consommées (2)

675 369

701 667

713 238

706 569

732 633

772 818

819 513

813 863

813 478

841 365

Ressources totales

709 064

732 576

747262

746 973

771094

804 831

847 992

841 751

842 477

871 955

Degré de dépendance énergétique

95.2

95.8

95.4

94.6

95

96

96.6

96.7

96.6

96.5

Source : Direction de l’industrie, des mines et de l’énergie

Taux d’indépendance énergétique dans quelques pays (tableau 2) unité %

Pays

1973

1980

1987

1990

2000

2001

2002

2003

Allemagne

50.8

51.5

54.9

52.3

39.6

38.1

38.9

38.9

France

25.3

29.9

49.1

49.5

50.1

50

50.9

50.9

Royaume-Uni

49.2

98.3

115.8

98

117.2

111.5

113.8

113.8

États-Unis

83.8

85.7

85.6

85.6

72.9

75

72.9

72.9

Japon

9.1

12.5

19.1

16.8

20.1

20

19

19

Nouvelle-Calédonie

ND

ND

4.6

7.4

5

4

3.4

3.4

Source : ISSE/Tableau de l’économie française

En 2005, la consommation totale d’énergie en Nouvelle-Calédonie s’est élevée à 872 milliers de tep, constituée à 81, 9 % par les hydrocarbures liquides, 14, 5 % par le charbon et 3, 5 % par l’électricité hydraulique, éolienne et photovoltaïque. Elle marque un accroissement annuel de 3, 5 %…

Consommation d’énergie par origine (tableau 3)

Consommation d’énergie par origine

2004

en %

2005

en %

Super sans plomb

69 472

71 186

gazole

158 266

148 839

Pétrole lampant

0

0

carburéacteur

33 557

31 353

Essence avion

286

hydrocarbures

261 582

251 378

Fioul lourd

391 259

454 325

Gaz butane

8 931

8 857

charbon

151 706

126 805

TOTAL CONSOMMATION D’ENERGIE NON RENOUVELABLE

1 075 059

97, 37

1 092 743

97, 32

Hydraulique Yaté

25 404

25 877

Hydraulique Néaoua

2 017

2 524

Hydraulique Tu

521

611

Microcentrales hydrauliques

53

71

Sous-total hydraulique

27 995

2, 50

29 083

2, 50

Eoliennes

976

1 480

Photovoltaïque

27

28

Sous-total éolien & photovoltaïque

1 003

0, 09

1 003

0, 09

TOTAL CONSOMMATION D’ENERGIE RENOUVELABLE

28 998

2, 63

30 086

2, 68

TOTLA CONSOMMATION ENERGIE

1 104 057

100

1 122 829

100

Source : Direction de l’Industrie, des mines et de l’énergie

2. Les différents types d’énergie consommés

a) Les hydrocarbures : En 2004, ils représentaient 31 % de l’énergie consommée. Ce sont les produits blancs les plus connus du grand public : l’essence sans plomb, distribuée presque en totalité par les stations services, le gasoil, le kérosène. A noter qu’il n’y a pas de spécification pour l’essence, le diesel, en Calédonie. A l’exception donc des carburants Aviation, les autres produits sont différents de ceux commercialisés en Europe. Ainsi par exemple, le gasoil peut contenir jusqu’à 0, 5% de particules de soufre alors qu’en France il est limité à 0, 035%, soit 15 fois moins. Afin de bénéficier au maximum de la structure des prix, les produits choisis sont les moins chers.

A l’exception de l’Avgas ou essence avion (0, 3 k tep), l’ensemble des produits est importé en vrac des raffineries de Singapour. Le gasoil est vendu en station service, mais aussi directement aux industriels et aux opérateurs miniers. C’est le produit dont la consommation va encore augmenter dans les prochaines années (+ 50 k tep)

b) Fuel lourd : En 2004, il représentait 46, 4 % de l’énergie consommée.

C’est un produit souvent associé au pétrole brut, car en cas de pollution maritime, il peut provoquer une marée noire. Sa densité, proche de 1, en fait un produit difficile à traiter dans l’eau. Sa viscosité le rend difficile à récupérer et à nettoyer. Ce sont des caractéristiques très différentes de celles des produits blancs (gasoil, essence) qui flottent et s’évaporent.

Il n’y a que deux consommateurs de fuel lourd actuellement : SLN Doniambo pour 300 à 320 k tep et Enercal à Népoui pour 70 à 80 k tep. La SLN consomme trois produits différents avec notamment un taux de soufre allant jusqu’à 3 %.

A sa mise en activité, l’usine de Goro fera augmenter la consommation de fuel lourd à hauteur de 40 k tep, qui aurait pu être avantageusement remplacé par du gasoil ou du gaz propane, pour éviter le nombre de carburants différents sur le même site.

c) Gaz butane et propane (1 % de la consommation en 2004 en Nouvelle-Calédonie)

On trouve le butane essentiellement en bouteilles de 13 ou 39 kg. En Europe, ces produits sont aussi commercialisés dans les stations services sous le nom de GPL ( gaz de pétrole liquéfié) en raison de son moindre impact sur l’environnement, les taxes appliquées sont plus faibles que sur le gasoil ou l’essence. A noter que l’usine de Goro prévoit de remplacer sa consommation de 40 k tep de kérosène à 0, 5 % de soufre par du propane, ce qui en fera le plus gros consommateur de gaz du territoire.

d) Charbon : (18% de la consommation 2004)

SLN Doniambo est l’unique consommateur. C’est aussi un produit qui contient du soufre. Les centrales de Prony Energie, l’usine de Goro et l’usine de Koniambo feront augmenter la consommation de charbon, contenant vraisemblablement 0, 5 % de soufre, d’environ 600 k tep, pour une consommation énergétique actuelle de 842 k tep. Ces décisions restent purement économiques car la croissance du prix du charbon est actuellement plus faible que celle du fuel lourd. Aucune explication n’est actuellement disponible sur ce choix par rapport à d’autres carburants moins nocifs tel que le gaz naturel.

e) L’hydraulique (3, 3 % de la consommation 2004) :

Le barrage de Yaté fournit la plus grosse part de l’énergie hydraulique, produite localement, devant le barrage de la Néaoua, la Tu et les micro centrales hydrauliques. La production de Yaté est presque exclusivement réservée à la SLN, à un tarif préférentiel d’environ 1CFP kW, à l’exception de 37 GWh/an destinés à la distribution publique. Elle varie considérablement suivant les années en fonction de la pluviométrie ; ainsi par exemple, on produisait plus de 40 k tep d’énergie hydraulique à la fin des années 80, c’est-à-dire presque 40% de plus qu’aujourd’hui.

f) Les énergies renouvelables (0, 12 % de la consommation 2004)

Les éoliennes ont fourni 976 k tep et le photovoltaïque en sites isolés représente 27 k tep. Le prix de rachat du kW/h d’origine éolienne est fixé à 11 CFP pendant 20 ans puis à 9 CFP les années suivantes. A noter que le photovoltaïque raccordé au réseau se développe dans d’autres pays (l’Île de la Réunion s’est fixé comme objectif l’indépendance énergétique d’ici 2025 grâce au photovoltaïque raccordé au réseau) et qu’il n’est toujours pas autorisé en Nouvelle-Calédonie, faute de tarif de rachat et de mesures incitatives à l’investissement.

g) Prospective :

Avec un doublement de la consommation d’énergies fossiles, la dépendance énergétique du Territoire passera à 98 % dans les 5 prochaines années. La consommation d’énergie par habitant atteindra des records mondiaux ; Aucune étude connue à ce jour sur l’application en Nouvelle-Calédonie des disposions du protocole de Kyoto et Montréal ne permet d’évaluer le coût éventuel de cette évolution pour la collectivité.

3. L’énergie électrique

« En 2005, la production électrique a atteint 1883 GWh, soit une progression de 12, 2 % par rapport à 2004. Les trois types d’électricité sont en hausse : éolienne + 53, 5 %, thermique+13, 9 % et hydraulique+4, 2 %. L’énergie d’origine éolienne, avec 18 GWh/année ne représente toutefois qu’1% de l’électricité produite en 2005. Les énergies hydrauliques (339 GWh et thermiques (1526 GWh) représentent quant à elles, respectivement 18 % et 81 % de l’électricité produite en 2005. La consommation de l’usine SLN de Doniambo a atteint 1250 GWh et a augmenté de 16, 6 %, dans le cadre de son objectif « 75 000 tonnes »

C’est Enercal qui assure la quasi-totalité de la production, à partir :

des aménagements hydroélectriques de Yaté, de la Néaoua et de Tu

des centrales thermiques de Doniambo (160 MW), de Népoui (53 MW) et des turbines à combustion de Ducos d’une puissance de 45 MW.

Ces 6 grosses unités assurent 98 % de la production.

La nouvelle centrale thermique au charbon de Prony Energie aura une puissance attendue de 100 MW.

4. Les secteurs de la consommation

La consommation publique d’électricité est de 512 GWh/an, pour une consommation électrique totale de 1700 GWh/an. La métallurgie par la SLN reste le premier et plus grand consommateur d’énergie. Le second secteur est la « consommation branche énergie « qui correspond aux pertes de la production d’énergie thermique des centrales, à laquelle il faut ajouter les pertes en ligne liées au transport.

15 % seulement de la population est équipée en chauffe-eau solaire.

5. Les principaux acteurs administratifs de l’énergie

a)               La DIMENC (Direction des Mines et de l’Energie)

Elle propose les mises à jour des prix, négocie annuellement avec les 3 pétroliers la structure des prix, revoie avec Enercal et EEC le prix du kWh, calcule les soldes de péréquation, étudie en collaboration avec les services les demandes d’autorisations d’installations classées (ICPE), contrôle les installations classées, contrôle les volucompteurs (pompes des stations services).

b)               Le Gouvernement :

Il approuve les changements de prix proposés par la DIMENC, modifie la fiscalité et les taxes récupérées par le Trésor Public ou les Douanes, peut autoriser de nouvelles énergies.

c)               Les Provinces (DRN ou DAN)

Elles autorisent les installations classées et réceptionnent les dossiers de déclarations.

Sans-

plomb

Gasoil Charbon Fuel

lourd

Butane Éolienne

et Solaire

TGI – taxe Générale à l’Importation

21%

TBI – Taxe de Base à l’Importation

5 % 5 %

TER – taxe pour les énergies renouvelables

0.60 F/L

DD – Droit de Douane

10 %

TP – Taxe de Péage

1 % 1 % 1 % 1%

TPP – Taxe sur les produits pétroliers

46.30 F/L 6.10 F/L

TAPP – Taxe additionnelle sur les produits pétroliers

13.70 F/L
Total 0% 0% 27% 16%

Les taxes (tableau 4)

Contrairement aux autres produits, le charbon et le fuel lourd ne sont pas taxés.

6. Problématique de l’énergie en Nouvelle-Calédonie

Les chiffres cités plus haut montrent que l’indépendance énergétique du Territoire est dérisoire et ne cesse de diminuer.

Nous sommes, de ce fait extrêmement dépendant des cours du marché international du fuel, des hydrocarbures et du charbon.

Les sources d’énergie sont très peu diversifiées, ce qui rend notre économie très vulnérable et contribue à asseoir le diktat des opérateurs industriels sur les choix en matière d’énergie, du fait de leur monopole, au détriment des populations qui se trouvent contraintes de payer le prix fort, au détriment des plus élémentaires considérations environnementales.

La quasi-totalité de l’énergie consommée est d’origine fossile ce qui génère des quantités considérables de gaz à effet de serre, proportionnellement au nombre d’habitants. Jusqu’ici les choix en matière d’énergie se sont faits essentiellement sur la base de critères économiques à court terme, le plus récent étant Prony Energie, où la logique industrielle prime sur l’intérêt général des populations à long terme et la prise en compte de critères comme la santé ou l’environnement.

Si on adopte une approche citoyenne de cette question, on ne peut faire l’économie des questions suivantes : Comment réduire la dépendance énergétique du Pays ? Comment diversifier les sources d’énergie ? Comment réduire les rejets de gaz à effet de serre ? Comment mieux utiliser le potentiel énergétique disponible localement ?

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