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Eau « potable » à l’île des Pins

 

Après l’eau d’embouteillage local il y a quelques années, plus récemment, l’eau du robinet à Ouega, Lifou et Poindimié, voilà que c’est de l’eau réputée « potable » de l’île des Pins qu’il faut parler…

  1. L’eau du robinet est RARE à l’île des Pins

En de nombreux points du territoire,  l’eau douce est rare. C’est notamment le cas à l’île des Pins où des fuites dans le réseau ont été identifiées mais pas réparées (plus de 50% du volume pompé se perd dans le sol !).

On déplore donc qu’à l’île des Pins le réseau de distribution publique ne soit pas entretenu et que des moyens adéquats ne soient pas dédiés à cet entretien par la municipalité élue en 2015 et « aux commandes » depuis 20 ans (sauf courte éclipse de mars 2014 – décembre 2015).

 

Cette inertie a pour conséquence des coupures fréquentes de l’alimentation sur l’île.

Ces coupures pourraient être évitées, à tout le moins être moins fréquentes ce qui améliorerait le confort de vie des Kunié.

 

Mais ce point du « confort » doit être nuancé… Cf 2 ci-après.

 

 

  1. L’eau du robinet est NON POTABLE à l’île des Pins

 

  • La teneur en nickel

 La Nouvelle-Calédonie ne disposant pas de loi sur l’eau, nous nous référons donc aux normes de potabilité de l’OMS (organisation mondiale de la santé).
S’agissant du nickel, la concentration en nickel à ne pas dépasser pour la protection sanitaire des consommateurs est de 20 microgrammes par litre.
En certains points de l’île des Pins (et notamment à Kuto-Kanuméra, zone touristique s’il en est !) les taux de nickel observés régulièrement (*)  depuis environ un an sont extrêmement élevés.
Des bénévoles d’EPLP ont récemment prélevé de l’eau aux robinets en deux sites de l’île et ces prélèvements ont été soumis à analyse.
Les résultats (cf PJ) montrent que la teneur en nickel est incompatible avec la protection sanitaire des consommateurs.
L’une de nos analyses réalisée à Kanuméra confirme ce fait. En effet, le taux de 621 microgrammes par litre est 31 fois supérieur à la norme !!!!
NB: des analyses antérieures nous ont été communiquées anonymement. Elles donnent des résultats jusqu’à 48 fois la norme avec 955 µg / litre (analyse de mars 2016) !
Ces analyses ont été envoyées aux « autorités » néocalédoniennes, politiques et de santé, par leur propriétaire. Sans aucune suite donnée…
La mairie ne publie par ailleurs aucune analyse depuis 2010. Ce n’est en effet, plus une obligation.
Le nickel absorbé oralement s’accumule dans le foie, le cœur, les poumons, le tissu adipeux, le tissu nerveux périphérique et le cerveau.
Le nickel est l’objet d’un transfert transplacentaire chez les humains et les animaux de laboratoire.
Les risques d’une exposition chronique orale au nickel sont notamment la, et, chez les personnes sensibilisées
Quelques données expérimentales ou épidémiologiques:
–  lors d’injections de nickel métallique, on observe des incidences accrues des tumeurs au point d’injection
– des effets immunologiques sont décrits (augmentation de cellules productrices d’anticorps, hausse de mortalité due à des infections virales chez les souris, augmentation de l’incidence des tumeurs bénignes et maliens du poumon…)
toxicité pour la reproduction et le développement
– dégénération des testicules
– anomalies des spermatozoïdes
– augmentation des taux d’urée sérique et urinaire et du taux de glucose sérique
– réduction de la croissance
– induction d’aberrations chromosomiques
– augmentation des cancers de la vessie
augmentation de la mortalité d’origine cérébrovasculaire et cardiaque
éruption eczémateuse
– aggravation des réactions allergiques

Comment peut-on négliger de pareils risques et depuis si longtemps ?!

Nous nous inquiétons particulièrement de ce que cette eau du robinet impropre à la consommation soit donnée aux bébés et jeunes enfants et autres groupes particulièrement vulnérables.

  1. La contamination bactériologique 

Des défauts dans le système de chloration conduisent à des contaminations bactériennes.
Nous notons avec inquiétude que ce fait est lui aussi connu de longue date. Il n’est que de se souvenir des fermetures itératives du centre de vacances interarmées IGESA (cf LNC 10 février 2016). Ce centre a depuis lors remis en état son propre chlorinateur afin d’assurer à ses salariés et aux vacanciers qu’il accueille une eau indemne de germes.
Nous nous interrogeons: ce qui est nécessaire pour les militaires et leur famille ne l’est pas pour les civils ? Surprenant !
Nous rappelons que le maire à des responsabilités en matière de salubrité publique et qu’à ce titre il peut être rappelé à l’ordre par l’Etat. Les représentants de ce dernier sur le territoire, instruits des faits (et alors qu’il a pris les dispositions utiles pour ses fonctionnaires de l’IGESA) n’a pas réagi.
Nous ne pouvons que le déplorer très fortement et lui exprimer notre stupéfaction désapprobatrice.

Que dit la loi ?

En vertu de l’article L.1321-1 du code de la santé publique et des dispositions de l’arrêté du 11 janvier 2007, toute personne qui offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine est tenue de s’assurer que cette eau est propre à la consommation et qu’elle répond aux exigences de qualité définies par ledit arrêté.

Ainsi, sauf si elle obtient une dérogation ne pouvant porter toutefois que sur les pesticides ou produits apparentés, la collectivité responsable de la distribution de l’eau engage sa responsabilité si elle ne délivre pas une eau potable (Cass., Civ., 1ère, 30 mai 2006, n°03-16.335 ; Cass., Civ., 1ère, 28 novembre 2012, n°11-26.814).

Seuls la force majeure, le fait d’un  tiers ou le fait de la victime peuvent atténuer voire exonérer la personne publique de sa responsabilité (CA Toulouse, 28 août 2012, n°11/01538).

La pollution de l’eau ne constitue pas un cas de force majeure.

Associé au principe de continuité du service public, le distributeur engage donc sa responsabilité si l’eau distribuée n’est pas potable et qu’il ne prend pas les mesures pour remédier à la situation (distribution de bouteilles d’eau aux usagers, travaux, etc.).

Conclusion :

Nous demandons que des mesures d’urgence de remise en état du réseau et des appareils de chlorination soient prises à l’île des Pins.
En attendant leur effectivité, nous exigeons que:

– les habitants de l’île concernés soient avertis par tout moyen (par voie d’affichage en mairie + établissements scolaires et de soin + structures d’hébergement, voies de presse, radio et TV) que l’eau du robinet n’est pas potable et qu’elle doit être réservée à l’hygiène

– de l’eau embouteillée soit distribuée en quantité adaptée aux habitants et touristes.

Les alertes successives lancées auprès des mairie, DPASS, DASS et Etat sont restées sans suite.
Nous pensons qu’il est aujourd’hui grand temps que chacun prenne ses responsabilités et que le déni cesse.
Un maire, fut-il sénateur et grand chef, ne peut pas s’exonérer ni être exonéré de ses responsabilités.

En matière de fourniture d’eau potable, le maire a UNE OBLIGATION DE RESULTAT.                  

Pour EPLP, la présidente,
Martine Cornaille

  (*)   Les analyses effectuées qui le démontrent ne nous appartiennent pas et leur propriétaire a souhaité garder l’anonymat                                             

Contacts médias :

  • Philippe Vendegou 80 99 41
  • Fabiola Vannho 80 00 31
  • Martine Cornaille 93 55 81

  [COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 14 NOVEMBRE 2016]

 

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