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Dengue : où en est-on vraiment ?

Comme suite aux nombreuses interventions médiatiques de nos « autorités » sur l’épidémie de dengue en cours, nous souhaitons d’abord dire que le Dr Elodie DESCLOUX, épidémiologiste au Médipôle a contredit formellement la DASS NC et a indiqué le 24 février 2017 en réunion du CLCA (comité de lutte contre les arboviroses, comité auquel nous participons) que l’un des décès enregistrés ne pouvait pas être imputé à la dengue.

La patiente était certes atteinte de dengue mais la cause du décès reste inconnue

Pour les médias, informer les Calédoniens malgré les omissions et mensonges dont certains responsables sanitaires sont coutumiers devient ardu…
L’exagération ne suffisant plus, nous voilà dans le catastrophisme. Or le catastrophisme ne peut pas être érigé en moyen de « lutte durable »…
Voici ci-après le résumé de nos interventions durant le dernier comité du 24 février :

1)  sur le point évoqué ci-dessus, nous avons appelé la DASS au respect des Calédoniens qui ont droit à la vérité VRAIE, pas à des supputations…
2) alors que venaient d’être exprimées des plaintes unanimes des mairies, de l’intérieur notamment, qui dénonçaient un manque de moyens humains et matériels (dans la bouche des représentants de la province nord, de Canala, de Bourail…*), nous avons indiqué qu’il existe un dispositif national de solidarité avec les régions connaissant des crises sanitaires. C’est l’EPRUS (établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) qui peut envoyer du personnel formé et du matériel adapté à la demande des autorités et après inventaire des besoins.

Lorsque nous avons proposé à la DASS NC d’envisager de faire appel à ce dispositif, le responsable s’est contenté d’évoquer de façon très désobligeante un précédent qui serait intervenu en Polynésie: les envoyés de l’EPRUS auraient débarqué avec maillots et planches à voile. Et ce, sans autre information sur l’aide effectivement apportée…

La façon péremptoire dont le médecin-chef a évacué cette possibilité nous interroge : pourquoi vouloir ainsi rester seul maître à bord si la NC est « dépassée » comme on veut nous le faire croire ?

L’épidémie de dengue en cours peut-elle s’embarrasser de considérations égotiques ?
3) nous avons demandé que les principaux résultats de l’étude sur la perception de la dengue en NC (étude commandée par la DASS et restituée en fin d’année dernière) soient intégrés aux dispositifs de lutte contre les arboviroses, notamment les aspects concernant la perception des populations qui en font une « maladie des Blancs » ne pouvant pas atteindre les Mélanésiens.

Nous avons rappelé aussi la proposition d’EPLP de délivrer des messages en langues vernaculaires et souligné la nécessité d’une simplification des messages délivrés, la plupart du temps inaccessibles en raison de leur « technicité » (les relais « de terrain » tels que les associations devraient être associés à leur rédaction…). Nous avons enfin mentionné que les supports de communication ne nous semblaient pas les mieux adaptés (pas de diffusion de spots sur radio Djiido par exemple).

4) EPLP a redemandé que les propriétaires de regards disposés sur trottoirs et chaussées au premier rang desquels l’OPT, devaient EUX AUSSI être appelés à la responsabilité en installant sans attendre des regards neufs à cunette et en procédant au remplacement progressif (mais rapide !) des regards sans cunettes existants. Des Nouméens nous ont fait visiter leur jardin, sans aucun gîte larvaire. Les moustiques les envahissent pourtant. Ils viennent des regards de la rue !
Quant aux municipalités, elles doivent veiller à une gestion rigoureuse des déchets et ce, quel que soit le niveau d’incivisme des habitants et quel que soit leur niveau de revenu (squatteurs) puisque les enjeux sanitaires sont importants nous dit-on. Le ramassage sera toujours moins coûteux que des malades voire des morts.

5) Puisque la transformation des moustiques par la bactérie Wolbachia semble être la panacée, pourquoi ne pas faire inoculer IMMEDIATEMENT NOS moustiques en Australie par ceux qui savent déjà le faire et rapatrier les moustiques infectés ? Inutile d’attendre un ou deux ans !!!!

Pas de réponse satisfaisante obtenue… Là aussi sans doute, lamentable question d’égo !

NB : cela ne nous empêcherait pas de faire le « job » ensuite chez nous pour des lâchers à très grande échelle.

6) Et pour mémoire, pas de retour en arrière envisageable pour le malathion !

7) A l’appui de nos doutes sur la gravité réelle de la situation, la faible mobilisation des médecins (non hospitaliers) qui ne déclarent pas les cas cliniques (les signalements émanent de quelques médecins, toujours les mêmes nous a-t-on dit…).

Sont-ils vraiment irresponsables ?

Ou considèrent-ils qu’ « on en fait trop avec la dengue » comme cela nous a été rapporté ?

8) A notre question de savoir jusqu’à quand la DASS « remontait » pour afficher 27 morts de la dengue, nous n’avons pas obtenu de réponse.

Nous demandons que les informations délivrées au public soient sincères et que l’instrumentalisation des médias cesse.
La seule question qui vaille maintenant est “y–a-t-il urgence à agir ou pas” ????
Et les conséquences de la réponse, toutes les conséquences, sont à tirer…

Nous recommandons cependant la prévention à nos compatriotes : détruisez chaque semaine les gîtes larvaires autour ET DANS vos habitations, portez des vêtements protecteurs (pantalons et manches longues), utilisez des moustiquaires à la sieste et au coucher du soir, créez des courants d’air puissants (ventilation naturelle + ventilateurs)…
Et si cela ne suffit pas, utilisez insecticides et répulsifs corporels en respectant strictement les modes d’emploi.

NB : pas de « tortillon » à l’intérieur !

Pour EPLP, la Présidente,
Martine Cornaille

(*) pas de véhicule, pas d’appareil d’épandage, pas de personnels formés…

 

 

 

 

 

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Commentaires

  1. Paul  mars 6, 2017

    Le point Godwin a certainement été largement dépassé par M. Rosada lorsqu’il interroge M. Grangeon sur les épandages : « En 2013 pas de décès lorsqu’on utilisait le malathion et cette année plus de malathion et déjà 2 morts ». Et son interlocuteur de confirmer… Qu’un journaliste fasse des statistiques à 2 francs, c’est pas le premier. Mais qu’un chef de service et médecin ne nuance pas ce propos c’est vraiment n’importe quoi. Quel type de dengue en 2013 ? Il sait très bien pourquoi le malathion n’est plus utilisé et il aurait pu l’expliquer.

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