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Plan de surveillance aliments 2016, notre analyse des résultats

Analyse par EPLP des plans de surveillance et de contrôle des denrées alimentaires de production locale et importées 2016 (PSPC) et de leurs résultats

Comme chaque année à la même époque, trois bénévoles d’EPLP ont passé de longues heures à étudier les plans de surveillance et de contrôle de la DAVAR 2016, soit 744 pages d’analyses sur produits animaux et 750 lignes d’analyses sur produits végétaux…

  1. « Construction» des PSPC

Les PSC 2016 sont encore NON SIGNIFICATIFS car l’échantillonnage n’est pas statistiquement valable (échantillons trop peu nombreux pour être représentatifs).
Nous le déplorons depuis de nombreuses années mais rien ne change…

Explication :

  • Lorsque les maigres résultats sont bons, cela permet de communiquer largement sur « l’excellence » de nos productions agricoles
  • Lorsqu’ils sont mauvais, cela permet à la DAVAR (puis à sa suite, au gouvernement et aux professionnels du secteur) de botter en touche en disant qu’ils ne sont pas significatifs…

C’est ainsi que l’on sort « vainqueur » à tout coup !

NB : Le nombre de prélèvements à réaliser par filière et par lieu de prélèvement (élevage ou abattoir) devrait être calculé pour répondre à minima aux dispositions de la directive  96/23/CE, au prorata :
– des nombres d’animaux abattus pour les animaux de boucherie et le gros gibier;
– des tonnages abattus pour les volailles, petits gibier et lapins;
– des volumes de production pour les poissons d’élevage, lait, œufs et miel.

Source Union européenne :

  1. Pour les bovins sachant qu’il y a environ 20 000 têtes abattues chaque année (15 000 par OCEF et 5000 en « tueries), selon le plan UE il faudrait 0.4% soit : 60 animaux OCEF et 20 tueries donc 80 au total….
    Sur ces 0.4% il devrait y avoir au minimum 50% de prélèvements visant à la recherche de substances interdites (dites A), soit 30 + 10 animaux prélevés, et 50 % recherche de substances à LMR (contaminants dits B).
  2. Porcins : 25 000 porcs abattus 0.05% (A) + 0.05 % (B) soit 25 animaux testés.
  3. Oeufs: 40 millions d’œufs (soit environ 58 g x 40 millions = 2 320 Tonnes) dont une grosse partie est importée. 1 douzaine /1000 T. Mais 200 minimum !
  4. Volailles: 900 Tonnes produites localement pour 10 000 T importées. 1 prélèvement par 200 Tonnes. Soit 55 prélèvements…
  5. Cerfs: 100 échantillons minimum…
  6. Crevettes: production 1 293 Tonnes. 1 échantillon pour 100 T, soit 13.
  7. Miel : 10 prélèvements minimum jusqu’à 300 T produites. Production locale : 117 T donc 10 prélèvements mini…

Nul doute que malgré ce vice rédhibitoire, les résultats sur produits végétaux et animaux (terrestres et marins) nous seront annoncés comme bons voire excellents !

  1. Résultats des tests sur produits animaux terrestres

 Nos réserves (d’importance !) :

  • Cf ci-dessus taille de l’échantillonnage (ex. 1 test sur UNE seule douzaine d’œufs pour 40 millions de douzaines vendues sur l’année en NC pour 200 dz testées au minimum ! ou 8 tests stéroïdes sur bovins et 4 tests sulfamides pour 40 attendus !)
  • Pas de tests sur produits carnées d’importation (bovins : les documents fournis font état du sexe et de l’âge du bovin prélevé ou indiquent analyse sur l’urine, éléments dont nous déduisons qu’il s’agit de production locale. Poulets : pas de précision sur l’origine géographique – 2 à 5 tests par substance pour 55 attendus !!!!)…)
  • Pas de test du résidu cyromazine dans œufs et poulets de production locale (insecticide utilisé dans l’aliment en NC ! Substance active classée perturbateur endocrinien et PAN BAD ACTOR !)
  • Porcs : 1 à 8 échantillons pour 13 attendus…

Un test positif pour antimicrobiens.

1 test positif pour pesticide pipéronyl (0.027 mg / kg versus 0.010 LOR). On interprète cela ainsi : les animaux ont été traités et ils ont été abattus avant le délai de sécurité.

 Miel : 2 échantillons pesticides, métaux pour 10 attendus…

  1. Résultats sur produits de la mer

  • Pas de tests mercure sur grands pélagiques que l’on sait pourtant « à très haut risque »: marlin, espadon, saumon des dieux, maï-maï, thon bashi, (5 sur thon jaune dont 1 positif)… Il ne faut pas affoler la foule ! Il vaut mieux continuer à la laisser s’empoisonner…
  • 72 tests histamine EXCLUSIVEMENT SUR THONS BLANCS!!!!???? On retrouve là la désastreuse logique du service qui le conduit à NE CONTROLER QUE LES PRODUITS D’EXPORTATION. Les consommateurs calédoniens EUX ne méritent pas que leurs aliments soient surveillés !
  • Pouatte d’élevage : 1 à 3 poissons testés selon substance…
  • Mollusques bivalves: 3 échantillons…
  • Crevettes d’élevage : 1 à 25 échantillons selon substance. A signaler deux résultats pour l’éthoxyquine au-delà de la LMR (limite maximale de résidu) (2 sur 11 tests soit 18% de non-conformité).

NB : l’éthoxyquine (origine Monsanto) est un pesticide et un conservateur antioxydant (E324)
La substance pure est étiquetée Xn (nocive) et R22 (nocive par ingestion).
L’un des métabolites de cette substance  – l’éthoxyquine quinone-imine – pourrait être génotoxique, c.à.d. susceptible d’endommager l’ADN.
À la suite du processus de fabrication, une impureté persiste dans cet additif, la p-Phénétidine, qui est un agent mutagène possible. Les mutagènes sont des substances provoquant des mutations dans le matériel génétique de l’homme et de l’animal.
Outre ces constations, et même en l’absence de l’impureté p-Phénétidine, l’EFSA (European Food Safety Authority) a identifié des lacunes considérables dans les données lors de l’évaluation de l’exposition et de la sécurité de l’éthoxyquine pour les animaux, les consommateurs (toxicité foie, reins, cerveau…) et l’environnement.

 

  1. Résultats sur produits végétaux (résidus de pesticides dans fruits et légumes)

 Nous observons avec satisfaction que conformément à notre demande, des produits secs ont été introduits dans les PSC –ex. lentilles, riz-.
Nous déplorons que malgré notre insistance, le chocolat n’y soit encore pas.
Synthèse des non-conformités identifiées par le SIVAP (les nôtres, tenant compte de la réglementation européenne, seraient évidemment plus nombreuses) :
Sur 750 fruits et légumes analysés, 194 soit 26 % contiennent des résidus de pesticides dont 62 de produits locaux (12% des produits locaux analysés) et 132 de produits importés (60% des produits importés analysés).

La production locale semble donc globalement moins toxique que les produits d’importation.

MAIS, dans le détail,

  • on relève 6 dépassements de LMR (*), 3 sur produits locaux et 3 sur produits importés (préoccupations fortes pour poires, raisins, melons !) (**)
  • on relève 6 usages non autorisés, TOUS sur des productions locales (***). La production locale de fraises pose un réel souci…

Cela doit donc faire relativiser le satisfecit donné plus haut…

NB : Les données fournies à EPLP par la DAVAR ne permettent pas de révéler la présence de « cocktails »…

Conclusion :

Nous souhaitons maintenant connaître le nombre d’enquêtes diligentées, de procès-verbaux rédigés par les agents du gouvernement et transmis à la justice suite aux errements constatés.
Nous souhaitons aussi sensibiliser les importateurs de fruits et légumes à la piètre qualité de ce qu’ils nous proposent sur les étals : produits « fatigués », de petit calibre et dont 60% contiennent des résidus de pesticides… On peut sans doute faire mieux, beaucoup mieux !
Nous observons qu’il n’y a aucun plan bactériologique sur les filières à risque. Listéria, E. Coli, Salmonelle… peuvent proliférer en paix ! On mange à nos risques et périls…
Le service aurait-il peur de trouver ce qu’il ne cherche pas ?

La DGAL écrit: « C’est pourquoi, malgré les faibles taux de non-conformité mis en évidence chaque année, les PSPC représentent un outil important pour la maîtrise des risques alimentaires et la qualité des données collectées est une condition préalable indispensable à une évaluation et à une gestion des risques pertinentes. »
Eh bien en Nouvelle-Calédonie avec des données pareilles, nous ne sommes pas arrivés !
EPLP remercie ses bénévoles et notamment le Docteur vétérinaire Caroline Kojfer pour son aide précieuse dans ce dossier.

Pour EPLP, la Présidente,
Martine Cornaille

(*) les LMR retenues par le service sont erratiques : Union européenne, Codex alimentarius etc. On aimerait davantage de cohérence et d’exigence ! EPLP demande que soient retenues réglementairement les normes les plus protectrices de la santé et de l’environnement…
(**) import : 1 melon, 1 raisin, 1 riz / produits NC : 1 carotte, 1 concombre, 1 ananas
(***) produits locaux : 1 céleri, 1 igname, 1 salade, 1 chou de Chine, 3 sur fraises !
Sur 12 analyses de fraises locales, 7 révèlent la présence de résidus soit 58 % !

 COMMUNIQUE  DE  PRESSE  17 MAI 2017

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