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Omelette à la cyromazine ?

Oeufs de Nouvelle-Calédonie contaminés par la cyromazine, réponse à la note technique de la DAVAR

(pour direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales)

CARTON PLEIN !!!!

En réponse à notre lettre ouverte du 24 août 2017 à Monsieur le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, la DAVAR a mis en ligne une « note technique » concernant le biocide cyromazine (consultable ici )
Nous souhaitons répliquer à cette note.
Sur ce qui ne souffre pas du moindre doute…
En premier lieu, nous relevons que le service officiel de la Nouvelle-Calédonie confirme les dires d’EPLP à savoir que la cyromazine est bel et bien utilisée en Nouvelle-Calédonie incorporée à l’aliment des poules pondeuses pour lutter contre la prolifération des mouches dans les fientes. 

1 à zéro.

Rien n’est dit cependant concernant l’incorporation de l’insecticide à l’aliment des poulets de chair élevés en NC. Silence prudent ???? Sans doute car… les pays qui autorisent cet usage pour les poulets de chair prescrivent l’arrêt du « traitement » 3 jours avant abattage

(1). Rien de tel en NC…

2 à zéro

En troisième lieu nous observons que la DAVAR confirme aussi que cet usage est bel et bien interdit en Union européenne.


3 à zéro
.

 

En quatrième lieu, elle dit qu’elle ne fait pas réaliser de contrôles officiels des résidus présents dans les œufs de production locale et d’importation pas plus que dans la chair des poulets d’élevage. C’est l’un de nos griefs depuis 4 ans…
Elle s’abstient au motif qu’ils seraient infimes.
Où nous découvrons que la DAVAR, en sus de tous ses talents, pratique l’art divinatoire !!!!
Si l’on suit bien son raisonnement, pourquoi mesurer les résidus de pesticides dans les végétaux ? Ne sont-ils pas EN THEORIE infimes eux aussi ? La fraude existe et elle le sait bien…
Nous attendons aussi dans ce contexte de déni qu’elle nous explique pourquoi il existe des LMR ou limites maximales de résidus pour œufs (et autres denrées) pour cette substance…

4 à zéro.

À l’argutie du service qui consiste à dire que cet usage de la cyromazine en « médicament vétérinaire »  incorporé à l’aliment des poules pondeuses est autorisée chez nos voisins australiens et néo-zélandais ainsi qu’aux USA, nous répondons que les mêmes autorisent aussi :

  • les implants d’hormones stéroïdes pour augmenter la production de viande bovine,
  • l’hormone de croissance pour augmenter la production de lait,
  • des substances actives pesticides éminemment toxiques ou écotoxiques (dont certaines ne sont cyniquement fabriquées que pour l’export !),
  • le saumon OGM etc.

mais que nous aspirons, NOUS, à nous hisser a minima au niveau des standards européens qui interdisent tout cela pour la protection de la santé et de l’environnement…
Nous sommes une nouvelle fois atterrés devant le manque d’ambition des « responsables » en termes de sécurité sanitaire des aliments et donc de santé.

5 à zéro.

Sur ce qui appelle une contradiction argumentée…
Nous démentons aussi le fait que la cyromazine ne soit pas listée perturbateur endocrinien. En effet, elle est classée comme perturbateur de la reproduction et du développement chez l’Homme, voir ici

6 à zéro.

Nous rappelons en outre que la cyromazine est aussi classée parmi les substances actives les plus préoccupantes par le réseau PAN, voir ici

7 à zéro.

Nous ajoutons enfin que la cyromazine est métabolisée en mélamine dont la toxicité chronique est élevée (néphrotoxicité et reprotoxicité): Lien ici

8 à zéro.

 La réglementation calédonienne s’appuierait, nous dit-on, sur les réglementations européenne ET néozélandaise ET australienne ET étatsunienne. Cela ne fait-il pas trop ????!!!!
Nous dénonçons nous, une réglementation inexistante. Par exemple, que prescrit la NC s’agissant du protocole pour le mélange à l’aliment (/homogénéité) ? RIEN !

9 à zéro.

 Au plan environnemental, que prescrit ladite réglementation calédonienne pour l’épandage des fientes contaminées (très écotoxiques, pas plus de 4 T sèches/ha/an) ? Rien encore !

10 à zéro.

Score final:  10  à zéro !
C’est ce que l’on appelle « un carton plein » !
EPLP est une nouvelle fois dans le vrai et la DAVAR, dont c’est pourtant la mission première que de veiller à la qualité sanitaire de nos aliments, devrait être honteuse.

Nous rejoignons  l’inspecteur général Chomienne auteur d’un rapport sur le service en date de novembre 2016, pour dire que « la DAVAR manque de compétences spécifiques ».
Cela est vrai en matière phytosanitaire et de biosécurité comme il l’a lui-même constaté et ça l’est manifestement aussi dans le domaine des biocides et de la pharmacie vétérinaire.
Finalement la question de savoir en quoi elle est compétente se pose…

La conclusion assénée par le gouvernement calédonien « L’utilisation de ce médicament vétérinaire répond donc aux exigences de protection de la santé publique calédonienne et les œufs issus des élevages concernés sont par conséquent consommables » nous préoccupe beaucoup.
En effet, nous attendions de lui qu’il s’attelle sans délai à relever les normes sanitaires en vigueur en réglementant les biocides, ou, à tout le moins en interdisant sans délai cet usage de la cyromazine. Mais non, il donne via son service un blanc-seing à cette dangereuse pratique…
Cher lecteur, vous êtes donc priés comme nous de revoir votre définition de « médicament » (2) ! Pour la NC, où il n’existe pas de réglementation de la pharmacie vétérinaire (encore un franc merci la DAVAR !),  cela peut être UN INSECTICIDE !!!!
On n’est jamais tombé aussi bas dans l’ineptie de la réponse politique…
Cette insistance (3) mise à défendre la « production locale » au mépris de la protection de la santé et de l’environnement signe une inquiétante dérive de ceux en charge du « bien public ».
À sa demande, nous rencontrerons le président du syndicat des aviculteurs le lundi 4 septembre. Nous lui demanderons que même à défaut d’avoir convaincu le gouvernement de la nécessité d’interdiction réglementaire de cet usage de la cyromazine, les aviculteurs de NC s’engagent à y renoncer (4).
Et pour faire bonne mesure, nous l’informerons de ce que EPLP fera réaliser ses propres analyses de résidus de cyromazine sur œufs et poulets.
Nous vous tiendrons informés des résultats de l’entrevue.

 

      Pour EPLP, la Présidente, Martine Cornaille

 COMMUNIQUE DE PRESSE 2 septembre 2017

 

(1) Larvadex produit en Nouvelle-Zélande :

« This poultry feed is formulated with 5.0 ppm (0.01 lb./ton) cyromazine.

WITHDRAW 3 DAYS BEFORE SLAUGHTER” Lien ici

(2) Définition du médicament  selon article L5111-1 du code de la santé publique : « On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. » Lien ici

Définitions des catégories de  médicaments vétérinaires : Lien ici

(3) Nous avons déjà vu ce triste « réflexe » à l’œuvre dans nombre de dossiers :

  • mercure des grands pélagiques (toujours commercialisés) car il ne faut pas nuire à la filière pêche hauturière
  • boîtes de conserve bombées « SIB-Ballande », « circulez, y’a rien à voir » : tout est conforme, tant la stérilisation que l’étiquetage…
  • listéria à « La Française » : on remet en rayon avant que d’avoir les justificatifs de fin de contamination…
  • réglementation OGM NC ne prenant pas en compte les cryptOGM: « le maïs VTH planté en 2016 et consommé en 2017 en NC n’est pas OGM » nous répète-t-on…
  • pesticides à usage agricole homologués à tour de bras mais sans définition de LMR protectrices (limite maximale de résidu) et sur la base d’un avis donné par un comité Théodule dont nombre de membres sont en conflit d’intérêt etc. !

(4) Nous insisterons auprès de lui sur le fait qu’il existe des procédés de dessiccation des fientes par chauffage-ventilation qui évitent la prolifération des mouches. C’est par « avidité » que ces procédés ne sont pas mis en œuvre, et ce, au détriment de la santé des consommateurs… Au nom de « la santé d’abord ! », nous exigeons un cadre réglementaire strict et un contrôle efficace qui empêchent ces dérives.

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Commentaires

  1. gil  septembre 9, 2017

    bravo pour votre action!

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