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Pollution par hydrocarbures, notre réponse à l’Etat et nos propositions

Le 28 novembre 2017 le Haussariat a diffusé un affligeant communiqué de presse dénonçant de pseudos informations « trompeuses » diffusées par EPLP, termes largement repris sans recul par quelques médias dont l’un titrait fort maladroitement « … entre rumeur et vérité ».
Les passions se sont alors déchaînées contre EPLP sur les réseaux sociaux et autres blogs nauséabonds (dont les régulateurs très « pro. » bloquent les réponses factuelles d’EPLP !)…
Nous pensons donc utile de faire savoir largement que nous avons publié hier matin le dernier cliché satellite en ligne gratuit sans penser que la date de sa réalisation pouvait devenir objet d’une telle polémique.
Nous avions préalablement investigué et recherché des clichés plus récents. Facturés au bas mot à 30 000 euros, ils nous sont, bien sûr, inaccessibles (1).

Mais la date du cliché importe peu.
Se focaliser dessus est une basse manœuvre de diversion qui n’honore pas ceux qui s’y adonnent…
Comme l’a confirmé le directeur de la sécurité civile, il y a eu sans doute plusieurs épisodes de pollution issus du Kea Trader. C’est le scénario le plus probable. Les polluants émis ont dérivé et en voilà une partie échouée sur les plages de Lifou, Maré, Ponérihouen, Yaté et maintenant Poindimié et Ouvéa.
Le phénomène prend de l’ampleur chaque jour…
Nous n’avons pas inventé les « boulettes » de fuel, ni les animaux morts retrouvés plus ou moins englués à Lifou.
Nous n’avons pas inventé les prudentes interdictions de pêche et de baignade.
Bref, en écrivant « la pollution est là et importante », nous n’avons « trompé » personne.
En prétendant  le contraire, l’Etat se discrédite.
Nous l’attendions efficace et protecteur, le voilà inutilement polémique…
Nous n’inventons pas non plus le déclenchement du plan ORSEC-POLMAR / Terre (2) par le gouvernement ce mercredi 29 novembre à 11 heures. Ce plan concerne la frange côtière.
Enfin !

NB : contrairement aux déclarations du directeur de la DSCGR, il n’était nul besoin d’attendre que plusieurs communes soient touchées, une suffisait…
Nous voyons dans cette annonce une nouvelle preuve de ce que la pollution est significative...
Nous en déduisons fort logiquement que les dispositifs de prévention amont ont été soit inexistants soit débordés…
Nous nous interrogeons particulièrement sur la non activation de plan ORSEC-Polmar / MER depuis le 12 juillet dernier…
D’autre part, depuis cette date, AUCUNE IMAGE DE BARRIERES ANTIPOLLUTION déployées autour du Kea Trader ne nous a été donnée à voir.
Faut-il déduire de cette absence d’image que rien n’a été déployé ?
Si oui, pourquoi ?
Si non, pourquoi ne pas avoir communiqué sur ce déploiement ?
Depuis le 12 juillet, aucune image issue de médias d’ici et d’ailleurs n’a pu être prise.
Là encore pourquoi ?
« On » nous dit que c’est pour protéger le secret industriel attaché à certaines interventions de « sauvetage ». Nous ne pouvons abonder. Les journalistes sont tout à fait à même de filmer ce qui peut l’être et seulement cela. Leur mise à l’écart est donc de mauvais aloi…
Si l’Etat a bien publié 25 communiqués, ils étaient toujours très « light »… Et sans doute mensongers eu égard à ce qui se déroule sous nos yeux…
Et aucune contradiction utile ne nous a été apportée s’agissant de l’inadéquation des EPI proposés aux jeunes ramasseurs…
Si les premières investigations sanitaires vont être conduites par la DAVAR à parti de vendredi 1er décembre à Lifou (évaluation de la contamination des produits de la mer)
-là encore ENFIN !-,
on déplore qu’à cette heure, rien n’est connu de l’évaluation environnementale…
Qui la mène ? (Nous aimerions pouvoir évaluer l’expertise des acteurs…)
Sur quel « périmètre » (en 4 dimensions !) ?
Qui la finance ? Etc.

Les hydrocarbures sont très écotoxiques, notamment pour les stades larvaires des animaux marins (dont poissons). Ils sont aussi très persistants (ce sont des POP = polluants organiques persistants), dans la colonne d’eau, les sédiments et les organismes vivants.
Faut-il donc s’attendre à des impacts « durables »?
Nous méritons de le savoir…
Des zones inscrites au patrimoine de l’UNESCO sont très susceptibles d’être impactées.
Dans ce contexte, nous adressons un courrier d’alerte à l’ONU.
Mais nous assortissons nos critiques de propositions…
Pour évaluer toxicité et écotoxicité des matières récoltées, nous proposons aux autorités (communes, province Iles, gouvernement NC, Etat) d’une part, de faire appel au CEDRE (4) (qui jouit d’une formidable expérience en la matière depuis 1970 et le naufrage de l’Amoco Cadiz), et, d’autre part de désigner si nécessaire l’ŒIL comme pilote local des opérations.
Nous souhaitons en outre savoir quelle est la quantité de fuel restant à bord.
Des informations nous sont parvenues qui nous donnent à penser qu’il y reste environ 350 Tonnes (1 200 T étaient initialement présentes et la capacité du transporteur était de 850 Tonnes. La différence est donc de 350 T…).
Si ce qui nous a été rapporté est exact, qu’est-il prévu pour la récupération « optimisée » de ce fuel ?
En conclusion, nous demandons à l’Etat de ne plus perdre de temps à nous dénigrer. Cela est indigne de lui. Nous attendons qu’il consacre toute son énergie à renforcer les moyens de lutte et de prévention de la pollution.

Pour EPLP, la Présidente, Martine Cornaille

(1) La possibilité de détection par satellite des polluants dépend de la nature du phénomène, en nappe ou éparse.
Nous avons vérifié la disponibilité d’images satellitaires gratuites, mais leurs résolutions ne permettent pas de suivre des nappes de dimension réduite.
En revanche, des programmes payants utilisant d’autres capteurs ayant de bien meilleures résolutions (submétriques) qui permettraient la mise en œuvre d’applications intéressantes sur le panache de diffusion. Voir aussi pour le gouvernement (3).

(2) « Les plans POLMAR Terre ou Mer sont des plans d’intervention en cas de pollution accidentelle des milieux marins, permettant la mobilisation et la coordination des moyens de lutte préalablement identifiés. »

(3) Le gouvernement de la NC (via la DSCGR) a signé la « Charte Internationale Espace et Catastrophes majeures ».
Cette Charte est unique en son genre en ce sens qu’elle peut mobiliser des agences du monde entier et permet de profiter de leur savoir-faire et de leurs données satellitaires (ou obtenues de l’espace) par l’entremise d’un seul point d’accès ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et ce, sans frais pour l’utilisateur.
Couronnée de succès depuis novembre 2000, la Charte a mis à profit des données spatiales pour aider à lutter contre les effets de catastrophes naturelles d’apparition soudaine comme des inondations, des ouragans, des tsunamis, des tremblements de terre, des glissements de terrain, des feux de forêt, des éruptions volcaniques et des embâcles de glace, ainsi que les effets des catastrophes technologiques, comme d’importants déversements d’hydrocarbures et des accidents industriels. 

La Charte est déclenchée par ses utilisateurs autorisés, qui sont généralement des autorités nationales de gestion des catastrophes. –Donc le gouvernement de la NC et la DSCGR pour nous.-

Si la situation calédonienne actuelle ne permet pas son déclenchement (pas de pertes humaines), le gouvernement de la NC peut, a minima, demander à disposer d’une chronique d’images haute résolution retraçant les dernières semaines autour du Kea Trader et organiser son traitement.

Cf  https://charte.cnes.fr/fr

« Mettre la technologie spatiale au service des équipes de secours lors des grandes catastrophes, tel est l’objectif de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures ». Initiée par le CNES et l’ESA en 1999, cette charte regroupe aujourd’hui 16 agences spatiales. »

(4) http://wwz.cedre.fr/

« Qui sommes-nous ? Un expert international en pollutions accidentelles des eaux organisé autour de cinq activités : soutien à l’intervention, planification, formation, analyses et tests, recherche. Nous sommes également un centre de ressources documentaires reconnu…
Ecotoxicité des produits. Nous réalisons différents types de tests sur les hydrocarbures et produits chimiques afin de connaître leur toxicité pour le milieu aquatique.
Déterminer la toxicité aigüe. Nous réalisons des tests pour déterminer la toxicité aigüe des substances et ainsi apporter une information pouvant être utilisée dans un cadre réglementaire. Ceux-ci se répartissent en deux catégories : les tests préconisés par la Commission OSPAR et réalisés sur quatre espèces représentatives des différents niveaux trophiques de l’écosystème aquatique : une algue, un copépode, un amphipode et un poisson, les tests sur les dispersants pratiqués sur une espèce de crevette marine.
Déterminer la toxicité sublétale. Nous pratiquons également des expérimentations sur les organismes aquatiques visant à caractériser la dangerosité d’un produit en identifiant ses effets sublétaux. Ces derniers peuvent notamment impacter le comportement, la croissance, la reproduction et/ou l’immunologie des individus étudiés. »

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 29 NOVEMBRE 2017

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