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Transports doux à Nouméa

Intervention Forum du 20 août 2009 à RFO

Animée par Th. Rigoureau

Sujet : les transports doux


CONSTATATION EN QUELQUES CHIFFRES

  • L’augmentation exponentielle du trafic automobile

Il y a 5 ans le parc automobile enflait de 9 800 nouveaux véhicules/an. 5 ans après, il augmente de 14 300 unités/an…

Dans 10 ans, si rien n’est fait, la circulation sera complètement congestionnée, car hélas, la largeur des voies n’est pas extensible.

  • …Liée aux accidents

A Nouméa, 3 fois plus d’accidents que dans une ville comparable en métropole. Les accidents liés aux cyclistes sont eux 5 fois plus nombreux.

  • Vers la fin du « tout voiture »

Bilan carbone > Réchauffement climatique > Montée du niveau des océans, etc.

Rappelons-nous les paroles de Yann A Bertrand dans le film Home : Si tout le monde vivait et consommait comme un français, il nous faudrait deux planètes supplémentaires.

D’où nécessité de repenser en profondeur notre façon de nous déplacer : moins loin, moins souvent, moins vite… Incitation active aux transports en commun, au covoiturage. Privilégier les transports doux (vélo, marche…)

Nécessité de revoir notre façon de consommer : privilégier les produits locaux.

LES TRANSPORTS DOUX

Vélo

Avantages du vélo :

  • Facilité à se garer
  • Grande mobilité dans les embouteillages
  • Bilan carbone voisin de zéro
  • Exercice physique et anti-stress : dans la pratique, on constate que beaucoup de gens circulent toute la semaine en voiture et paradoxalement vont transpirer dans les salles de gym pour perdre leurs calories. En roulant à vélo, on fait d’une pierre deux coups : on se déplace et on fait du sport gratuitement en même temps. Pollution urbaine ? Une salle de gym nosocomiale « qui sent les pieds » contient un air infiniment plus pollué que la rue.

Tour des baies ? Promis par la municipalité depuis la nuit des temps : date butoir ?

Pistes cyclables en pointillés : ronds-points !

Piste cyclable de la promenade Vernier : situation conflictuelle à cause d’une concurrence de différentes catégories d’usagers qui revendiquent aussi cette belle bande de roulement : piétons, poussettes, skates boards, rollers…

Vélo utilitaire, pour aller au travail. Pour cela :

> douches à installer dans les lieux de travail.

> Mise en place d’un réseau urbain adapté aux vélos (centre ville réservé aux transports doux ainsi que des rues étroites entièrement dévolues au vélo).

Encourager vélo systématique à condition que :

  1. Distance AR pas trop longue
  2. Temps disponible suffisant
  3. Météo OK : pas de pluie, pas trop chaud, pas trop de vent.
  4. Rien de lourd ou volumineux à transporter

Obstacles aux déplacements à vélo :

OBSÉDANTE SENSATION D’INSECURITE !

Lorsque je vais en ville à vélo, c’est toujours avec une boule à l’estomac. La sensation d’insécurité est très forte. Il faut en effet être un peu « tête brûlée » pour vaincre cette peur. C’est pourquoi l’on voit si peu de gens à vélo en ville. Il est certain que si le vélo était mieux sécurisé, la pratique du vélo décollerait vraiment, car la demande est très forte, et cela allégerait le flux automobile.

Le relief

On cite aussi le problème du relief : les vélos, qui sont en grande majorité des VTT, disposent d’une gamme élevée de rapports de vitesses, mais dans la pratique, on constate que les gens les sous-utilisent soit par négligence, soit parce qu’ils ne savent pas s’en servir. En adaptant sa vitesse au relief, (ou au vent de face, ce qui revient au même), on ne fatigue pas !

Les infrastructures routières locales n’intègrent pas les vélos dans leur conception.

Quelques exemples :

  • Déboîter pour tenter de s’engager dans la voie du milieu est une manœuvre à haut risque. La plupart du temps, si la route est très fréquentée, les automobilistes ne vous laissent pas passer, même si l’on tend bien le bras sur la gauche. Parfois, l’on est obligé de descendre de vélo, d’attendre que la voie soit libre et de s’engager à pied dans le couloir voulu pour éviter de se faire couper en 2. Il est déconseillé de s’engager dans la voie du milieu trop longtemps à l’avance car le vélo est très vulnérable au milieu des voitures qui roulent à gauche et à droite.
  • Cas des grands ronds points (Belle Vie, par exemple) : si le cycliste doit s’engager sur l’anneau intérieur, il se sent comme un microbe insignifiant et vulnérable. Du fait qu’il occupe peu de « volume », il reste mal vu (malgré des équipements voyants). Conséquence : les véhicules sur la droite ne le laissent pas facilement sortir !
  • Cas des couloirs volontairement rétrécis (par exemple, celui qui est situé entre l’Eau Vive et le wharf RFO). Très dangereux et stressants : des hachoirs à pâtés pour cyclistes ! Des camions et même des cars prennent le risque insensé de doubler les cyclistes, surtout s’ils sont au plus près de la bordure. Après m’être fait raser de très près à plusieurs reprises, j’ai décidé pour ma sauvegarde, d’occuper l’espace comme une voiture, ce que les usagers motorisés prennent comme une provocation, d’où, pluies d’insultes, coups klaxons ou appels de phares énervés.

Pour minimiser les risques, il faut être soi-même irréprochable : équipement (bons freins, casque,…), vigilance constante vis à vis des autres usagers, indication franche et non ambiguë des changements de direction (bras tendu), notamment dans les ronds points.

Marche

Si l’on considère un peu vite que la pratique de la marche (hors loisirs) n’est pas dans les mœurs des gens à Nouméa, c’est parce que l’on constate que sur le terrain, rien n’est fait pour le piéton, la marche est même découragée, d’où l’échec de « Carapate », une excellente initiative (un parent, par roulement, accompagne à pied un groupe d’enfants pour les courts trajets à l’école).

Problème de trottoirs :

  • soit inexistants,
  • soit impraticables parce que non bétonnés, défoncés, ou coupés par des rampes d’accès aux garages individuels,
  • soit encombrés par les déchets ou les véhicules que les propriétaires stationnent sans vergogne.
  • Raccourcis volontairement fermés : d’où des situations abracadabrantesques (le cas est assez fréquent).

Par exemple : Un élève de Blaise Pascal résidant rue de Rouvray au-dessus de la baie des Citrons habite à deux pas de son établissement. Un sentier  de 130 m environ existe. Il part de la raquette au bout de cette rue et rejoint en bas la rue Blaise Pascal.

BlaisePascalProblème : de commun accord entre les différents propriétaires, ce sentier a été verrouillé (vol de linge, repaire d’ivrognes, déjections). il en résulte que pour déposer leurs enfants au collège, les parents doivent prendre la voiture et effectuer un trajet de 2, 650 km X 2 soit 5, 300 km, et ce au moins 2 fois par jour : du pur délire ! qui se traduit en temps passé sur la route, de l’essence consommée, du CO2 libéré, etc.

L’empreinte écologique est considérable si l’on cumule les km en une année.

Solution ? il suffit de mettre en place un portillon avec un digicode.

Quelques propositions

–         Comme le fait la mairie de paris et beaucoup d’autres villes, réduire progressivement le nombre de places de stationnement en centre-ville pour  créer sur ces emplacements récupérés  des voies piétons/cyclables,

–         renoncer à autoriser le dépôt des déchets verts et encombrants sur les trottoirs, en créant un réseau de points de dépôt équipés de bennes ramassées dès qu’elles sont pleines, le système actuel de dépôt à dates fixes étant peu respecté mais empêchant toute l’année la circulation des piétons en sécurité.

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