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Le code de l’environnement de la Province Sud et les entreprises minières

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Article paru dans Demain en Nouvelle-Calédonie le 4 septembre 2009

« On veut continuer à vandaliser le territoire comme on le fait depuis 100 ans »

Martine Cornaille, Présidente de l’association Ensemble Pour La Planète.
Le syndicat des mineurs souhaite voir réviser le code de l’environnement, dans le sens d’un allègement des contraintes en matière de prospection minière.

Nous, EPLP, avons voulu réagir car ce code de l’environnement n’inclut déjà pas les maquis miniers et les zones humides dans sa liste des écosystèmes à protéger.
Or l’endémisme peut y atteindre 88% !

Une étude de l’’IRD fait état du microendémisme et de la possibilité de dégâts irréversibles causés par les activités humaines. La prospection minière est directement visée.  La Direction de l’Environnement (DENV) explique qu’inscrire les maquis minier aurait été vécu par les mineurs comme « une déclaration de guerre ».

Mais ne pas inscrire les maquis miniers ou alléger les contraintes de prospection, ce sont pour nous des décisions qui ne vont pas dans le bon sens.  On continue de donner la priorité au nickel sous prétexte que la Calédonie en aurait un besoin absolu. Or il ne représente que 10% du PIB et 3 500 emplois contre 8 200  pour les autres industries de transformation.  D’autre part, l’industrie métallurgique est une énorme consommatrice d’électricité (70 % du total), électricité produite pour l’essentiel avec charbon et fioul.  Non seulement les centrales à charbon bénéficient de la double défiscalisation, d’où un manque à gagner important pour les caisses publiques, mais les industriels ne payent que 7 Francs le kWh, alors que le particulier le paye 40 francs.  Et l’an passé, Enercal a reçu 2 milliards de la Nouvelle-Calédonie ! La collectivité subventionne donc très largement la métallurgie par ces biais.

Nous sommes pour l’application du principe du pollueur payeur.
Avec un exemple saisissant : 20 000 hectares de mines sont à revégétaliser pour un coût estimé à 160 milliards de francs (minimum), à la charge de la collectivité ! On n’arrête pas de masquer les coûts réels des activités liées au nickel, mines et industrie métallurgique, et ces problèmes ne sont jamais évoqués en campagnes électorales.

Les bénéfices de l’exploitation du nickel sont sans commune mesure avec les nuisances qu’elle entraîne : les industriels en tirent profit, mais pas les Calédoniens.
Le bilan sociétal, avec l’annonce récente de la suppression de 500 emplois par la SLN,  et le biilan environnemental de l’exploitation du nickel,  sont lourds, trop lourds. Pourtant, la SLN a attaqué le code l’environnement au tribunal administratif car certaines de ses dispositions contredisent celles, plus souples, du schéma minier.

Nous, EPLP, avons attaqué en justice le schéma minier pour le motif – entre autres  – de défaut de consultation du public. Il faut que les calédoniens soient informés pour que leur choix de développement soit éclairé.

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