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Il faut faire payer les pollueurs

Interview de Martine Cornaille, présidente d’EPLP dans  le magazine « Objectifs » du mois d’octobre

Présidente d’Ensemble Pour La Planète, Martine Cornaille s’exprime sans langue de bois sur les combats à mener en faveur de l’environnement. Ses chevaux de bataille: l’exploitation minière, la politique énergétique, les pesticides ou encore la protection de la biodiversité.

Objectif : Quelle est, selon vous, la problématique environnementale propre et essentielle à la Calédonie ?

Martine Cornaille : Elle est liée au nickel, mine et métallurgie. Décapage des maquis miniers, fines déposées dans les cours d’eau et le lagon… Situation à mettre en perspective avec le fait que la Nouvelle-Calédonie a été classée premier territoire au monde pour sa biodiversité terrestre et qu’une grande partie de ses lagons sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’industrie du nickel, qui représente aux alentours de 10% du PIB, consomme également plus de 70% de la production électrique. Les industries de transformation, pourvoyeuses elles aussi d’emplois (en décembre 2008, mines et métallurgie représentent 3 457 emplois et les industries de transformation 8 200), en consomment moins de 10%. C’est pourquoi nous demandons depuis longtemps un véritable bilan environnemental, économique et sociétal de l’exploitation du nickel depuis 100 ans. Le prix à payer est très fort pour la collectivité: le coût de la revégétalisation des mines orphelines est estimé à 160 milliards pour 20.000 ha. A la charge des contribuables… Et comment chiffrer l’érosion de la biodiversité ?

Un particulier paye plus de 40 francs le KWh alors que les industriels le payent 7 francs. ENERCAL a reçu en 2008 deux milliards de francs du territoire. La construction des centrales à charbon est défiscalisée. Là encore la facture est salée …Sans parler des problèmes de réchauffement climatique ou d’acidification des océans liés à l’utilisation de combustibles fossiles dans nos centrales. A qui profite le crime ?

Objectif : Que répondez-vous  à cet argument que  l’industrie minière est tellement gourmande en énergie fossile que les énergies renouvelables ne pourront pas se développer ici ?

MC : On reproche à ces énergies qu’elles ne sont pas continues. C’est une argutie car certaines le sont. Une étude sérieuse doit être réalisée sur le potentiel géothermique de la Calédonie. Les énergies de la mer (de la houle, thermique et osmotique) sont elles aussi continues. On pourrait aussi accentuer les recherches sur la conservation des énergies renouvelables (stockage gravitaire ou gaz comprimé ou hydrogène etc). On ne finance pas ici des projets novateurs comme en Polynésie ou à La Réunion qui prévoit, à l’horizon 2025, une totale indépendance en matière de production électrique. Ici, on préfère construire encore des centrales à charbon…

Objectif : Comment changer le cours de choses ? Quelles solutions proposez-vous ?

MC : Des solutions, il y en a par le biais de la fiscalité. Il faut faire payer les pollueurs en les taxant.

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