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Année de la biodiversité : Borloo a la gueule de bois

Un article du JNE Eriaxis rigida.jpg

La notion de « nature », si évocatrice, si tactile, si passionnelle, a cédé la place à ce machin froid technocratiforme, la « biodiversité ». ça fait quand même plus sérieux. 2010 est donc l’année de la biodiversité. Justement, notre intouchable Grenelle de l’Environnement s’était donné pour mission de « stopper la perte de biodiversité d’ici 2010 » (Groupe de travail n°2). Alors ? Quelles espèces, quels espaces ont-ils été concrètement protégés aujourd’hui ? 119 mesures et une synthèse en 4 axes plus tard, le constat est sévère : sur le terrain rien n’a bougé. En tout cas, pas dans le bon sens !

 

Après l’échec de Copenhague, celui du Grenelle. Mais la montée des mouvements écologistes et l’imminence des élections régionales oblige le Gouvernement à brandir son Grenelle comme une réussite exemplaire. La langue de bois va donc camoufler la gueule de bois. L’avocat Jean-Louis Borloo usera une fois de plus de ses effets de manche super positifs afin de noyer le poisson. En effet, le thon rouge a reçu une protection bien hypocrite. Sur terre, le grand tétras, l’ours, le loup et le grand hamster, pour citer quelques emblèmes connus de la biodiversité française, n’ont rien gagné non plus depuis le Grenelle. Pas plus que les petites espèces dont on ne parle pas. Bien sûr, quelques mesurettes ont été prises, il ne manquerait plus que ça. Mais il sera difficile de les faire passer pour révolutionnaires et de faire oublier le reste. Même constat pour les espaces, de l’ex Parc naturel du Marais poitevin à la « grande trame verte nationale » toujours en attente, en passant par les régions atteintes par d’incessants projets ferroviaires et autoroutiers, dont certains été validés après le Grenelle ! Les méfaits de l’agriculture intensive n’ont pas non plus été freinés, alors que les espèces d’oiseaux qui disparaissent aujourd’hui le plus rapidement sont liés aux plaines agricoles, tels l’alouette des champs ou le bruant proyer. Juste un mot trop bref sur les DOM TOM, si riches en biodiversité : la grive à pattes jaunes, par exemple, qui est en grand danger d’extinction, est toujours chassable en Guadeloupe (comme le grand tétras en métropole, et le tétras lyre jusque dans des réserves naturelles !). Quant à la Guyane, la destruction d’espèces protégées y est quotidienne, et les gros projets d’exploitation minière démangent encore certains responsables (déclarations du sénateur Georges Patient le 7 décembre sur RFO).

 

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